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1) L'importante question de l'eau

H2O

La surface de l'eau 

α Pollution?

L'eau de surface.

À propos de Percieval Alfred Yeomans


2) Les plantes et leurs milieux

Les plantes, et leurs milieux: Diagramme écologique de Rameau; vers la bio-indication???

pollution?

Attention à ne pas toujours lire trop vite la documentation ou les ouvrages sur les plantes indicatrices

Notes prises sur des floraisons hors saisons: influence du mouvement climatique.


3) Matière organique, CEC, etc.

La permaculture, avantage et limites (Matières organiques du sols, types de sols et capacité d'échanges des nutriments)

Colloides et Trophie (nutrition, les argiles et l'humus)

Bois Raméal  Fragmenté, Matière Organique, un truc subtil.

L'humus, c'est quoi? ses composés sous l'influence du type de sol (également de l'altitude et du climat)

Recette pour fabriquer un sol pauvre.

La chute des feuilles

Zones d'échanges de carbone selon la profondeur des racines.


X) En plus,
Peter Wohlleben contre Suzanne Simard

Le paysage à Saint Georges Nigremont, du XV ème  à 2100 (extraits du rapport)


Avant propos

Je me propose de partager ici quelques grands traits concernant le fonctionnement écologique des paysages, mais aussi ... du jardin ...

En effet, aujourd'hui, les périodes de chaleur s'allongent, s'intensifient en quelques endroits ... Les taux de carbone, d'Azote et de Phosphore sont bien différents de ceux des années 1950. Certains cycles bio-chimiques ont évolués.

En un mot, aujourd'hui, nous sommes à peu près au niveau de l'optimum climatique du Moyen-Âge, et cela continue de chauffer ...

La partie nord de l'Europe ne semble pas visée par un impact fort de ce phénomène.

Mais rien n'empêche de chercher de meilleures pratiques.



Dans ce contexte du mouvement climatique, du mouvement global:

-Certaines choses échappent à nos capacités, comme par exemple une catastrophe.

-Certaines choses échappent apparemment encore à la capacité de l'homme de les prévoir: le mouvement dans la saisonnalité des pluies.

- Certaines autres choses sont sous surveillance: le comportement, la disparition ou la favorisation de certaines espèces (qu'elles soient embarassantes dans un jardin ou que leurs présences y soient positives)

- Mais certains procédés sont déjà connus qui sont favorables à la résilience des plantes en situation difficile.

Concernant surtout une introduction à propos des traitements de tailles des arbres et arbustes, il est possible de télécharger ce fichier



Surtout, les raisonnements pour comprendre ce qu'il se passe dans la nature, dans un jardin sont loin d'être inutiles.

C'est donc sur cette page quelques très grands traits de l'écologie que je veux rappeler, présenter.


1) L'importante question de l'eau

H2O...

Eh bien, voilà la maquette...

La maquette


On va voir des trucs à propos de l'eau ...

Tout d'abord il y a différentes couches qui forme la stratigraphie du paysage ...

En dehors de cette maquette, le sol est constitué de différentes couches minérales plus ou moins anciennes, qui se recouvrent ... On parle souvent de couches géologiques.

Des couches




De bas en haut, j'ai installé:

description des couches
+De la roche (il s'agit de pouzollane, une roche volcanique ... c'est ce que j'avais)

+Cette couche rocheuse est recouverte d'une couche d'argile qui est blanche (il s'agit d'argile de potier ... c'est ce que j'avais)

+Au dessus il y a une couche de sable, blanc également

+Ce sable est partiellement recouvert par une autre couche de couleur claire également, laquelle recouvre partiellement directement l'argile:
on va dire qu'il s'agit de matériaux alluvionnaires (il s'agit d'une autre argile, très fine: de la terre de sommière).
Ce n'est pas très réaliste ... Le sable tout comme l'argile fine peuvent faire partie des matériaux alluvionnaire. Cependant ... de manière générale, ces matériaux sont grossiers près de la source, et très fins à l'embouchure rivulaire.

+ Enfin, tout au dessus, en guise de terre végétale, j'ai installé du terreau ...





On va voir comment fonctionne l'eau ...
roche
La roche est restée sèche. En effet, elle est complètement recouverte par une autre couche géologique, imperméable: de l'argile.






Alluvions
Le matériau alluvionnaire en couleur crème (terre de sommière) s'est totalement gorgé d'eau: il a considérablement gonflé.
Noter pour la partie la plus à gauche, non recouverte de terre végétale, que l'alluvion montre un accroissement de volume plus important:
la paroi de verre du bocal empêche l'érosion, c'est à dire son écoulement ...




vers la marre, que l'on voit mieux ici:

L'eau 1

Il ya quelque chose d'important dans cette image. J'ai ajouté deux points rouges.

-Celui de gauche montre (à peu près le niveau) de la surface de la marre.
-Celui de droite montre le niveau où la terre perméable est complètement détrempée.



On commence à voir ici un peu la manière dont se comporte l'eau:
eau dans le sable
Le sable et le terreau se mélangent en strates ... Cela forme des traits.
Ces traits ne sont pas horizontaux.

En effet l'eau se comporte très différemment selon les matériaux qu'elle rencontre.





La surface de l'eau.

La surface de l'eau est pourtant toujours horizontale:

surface de l'eau

Cela s'explique parce que toutes les molécules sont également soumises à l'attraction terrestre.


Pourtant, dans le sol, les traces de la surface de l'eau ne semblent pas laisser une ligne horizontale:

surface de l'eau dans le sol
Les traits sombres (humus ou terre végétale) dans le sable blanc sont en diagonales et un peu courbes.
Outre l'attraction terrestre, l'eau est soumise dans le sol à d'autres facteurs tels:
- la perméabilité,
-et la capacité du sol à retenir de l'eau

Ainsi sur la photo ci-dessus, la sable est sec (la marre est aussi à sec), alors que l'humus reste encore humide.
Ces deux matériaux n'ont pas la même capacité de rétention d'eau, et ne présentent pas les mêmes caractéristiques vis à vis de l'eau.



Les mouvements de l'eau dans le sol sont:
-Latéralement: l'écoulement de surface et l'écoulement à l'intérieur du sol (percolation).
-Verticalement, vers le bas: l'infiltration (percolation)
-Verticalement vers le haut: la vapeur d'eau, et la diffusion par capilarité (cette dernière étant favorisée par la présence de racines)

Aussi les traits sombres (humus ou terre végétale) dans le sable sur les photos ci-dessus sont dus à l'entrainement de particules de la couche de surface par infiltration jusqu'à la surface saturée de l'eau dans le sable, et cela plusieurs fois (cette surface de l'eau en saturation évoluant par écoulement vers la marre, et par évaporation)


La capacité d'un sol à retenir l'eau dépend de la taille du grain, ainsi que de la forme (si elle présente une surface allongée, par exemple comme c'est le cas pour l'argile)

Les cendres sont plus ou moins également fines aux argiles
La matière carbonée de la matière organique est plus ou moins également fine aux argiles
Les argiles sont plus fines que les limons
Les limons sont plus fins que les sables
Les sables sont plus fins que les graviers
Les graviers sont plus fins que les cailloux

Dans l'argile, l'eau s'insère dans des feuillets.
Le sable présente une autre caractérisique: ses particules sont libres. Cela permet lui permet de recevoir une très grande quantité d'eau.
Mais, à contrario, les mouvements de l'eau (écoulement, évaporation, infilration) sont beaucoup plus rapide dans le sable que dans l'argile ou dans l'humus.

Cependant, dans la nature, la capacité d'évaporation d'un sol presque entièrement sableux est interrompue à une profondeur de 30 cm. Si une couche sous-jacente de sol présente une pente, l'eau pourra continuer à s'écouler.

Débits
Le débit de l'eau est plus important à la surface du cours d'eau,
il est ralenti sur le lit de la rivière et sur les bords,
il est beaucoup plus lent dans la nappe
(et selon le sol: plus rapide dans le sable et moins rapide dans l'argile).



α Pollultion?
La nappe et la rivière communiquent. La rivière enrichit la nappe lorsqu'elle est haute. Et la nappe enrichit la rivière en période de sécheresse.
Le sol peut communiquer des élements à la nappe qui communiqueront avec la rivière.



Eaux de surfaces


bocage

L'accumulation des limons (en jaune) en amont des talus est due
au ruissellement de l'eau à la surface du sol (érosion).
Dans ses souvenirs, Adrienne Cazeille (ra-)conte, que petite dans son village,
ils remontaient annuellement la terre vers le haut des champs avec des seaux.




Fonction hydrologique des haies avec talus:
- Talus barrant le sens de la pente: rétention de l'eau, du sol, des nutriments et d'éventuels polluants tel le phosphore pour l'essentiel.
- Talus dans le sens de la pente: ces talus permettent à l'eau retenue par le type de talus précédent de continuer à s'écouler plus loin, d'être évacuée : l'eau ne stagne pas en bas de parcelle (Françoise Burel, 1991)

Les Talus peuvent être accompagnés de fossés.
La végétation qui y est plantée a une fonction de drainage, et de régulation de la part de l'azote et du phosphore surnuméraire.

/!\      Face aux pluies de type "méditerranéenne": ces pluies ont pour particularité une très forte intensité. Il a été remarqué en forêt que la qualité anti-érosive de la présence des arbres est alors dans ce cas pratiquement nulle.


Les sols les plus sensibles aux ruissellements sont les sols limoneux suivis des sols argileux.

pluies et limons
Sous la force de la pluie, les particules de limons se dégradent
et finissent par former une couche imperméable (le sol est colmaté)
sur laquelle l'eau ruisselle.





À propos de Percieval Alfred Yeomans


P.A Yeomans n'était d'abord ni agriculteur ni agronome. Il était hydrologue. C'est un point important à remarquer.


Ce qu'il propose correspond à un champ de l'agronomie qui le précède largement et qui a lieu le plus souvent en zone aride (le Fanya juu du Kenya, les murets en courbes de niveau du cap vert, lesquels par érosion se transforment plus ou moins en terrasses).



Il s'agit de s'attacher au comportement de l'eau de ruissellement selon les courbes de niveaux du paysage.

Ou d'utiliser le paysage selon des courbes de niveaux.

Cette approche correspond donc le mieux sur des sols de type argileux ou limoneux.

Plusieurs procédés répondent donc à l'idée d'utiliser les courbes de niveaux du paysage ...

Et chacun de ces procédés porte sa singularité.




Ici, le Fanya Juu du Kenya:


Fanya juu


Le Fanya juu (Kenya) est une solution élégante. Cette technique présente une suite de levées de terre (plantées) issues des creusements des fossés sous-jacents.

L'eau des fossés est dirigé vers d'autres banquettes, "terrasses"

Cette technique permet une récupération de l'eau, un rétention par les levées de terre, les fossés permettent une meilleure irrigation.





La techique Keylines mise au point par Yeomans est très singulière et très élégante.

J'ai eu beaucoup de difficultés à me résoudre pour faire un dessin explicatif.

Je me suis finalement fié pour ce dessin à la manière dont le permaculteur Mark Shepard décrit très clairement et très synthétiquement la proposition de Yeomans.

Cependant, il faut voir que Yeomans suit très exactement les courbes de niveaux naturelles du paysage ... Ce qui n'apparait pas sur le dessin (ni dans l'explication de Shepard).



Cette technique s'applique à de très grandes surfaces, des bassins versants ou en tout cas de (bonnes) parties de bassins versants

 [un bassin versant est une partie de paysage assez large: l'espace où se drainent par les pentes et les cours d'eau l'eau de pluie]


Keylines

Expliquer cette image.

Sur de larges espaces de prairies, il se rencontre parfois des points et des lignes où l'herbe est plus grasse. Cela peut être du à la vitesse de l'eau.

Sur le dessin, les flèches montrent cette vitesse: la partie en pointillé représente l'écoulement de l'eau sur un sol où la déclivité est plus faible.

L'eau s'y écoule plus lentement.

La partie pleine des flèches montre l'écoulement plus rapide d'une eau rencontrant un sol où la déclivité est forte.


C'est au moment où la courbure d'un paysage passe d'un état convexe à un état concave que l'eau d'écoulement des pluies, à pleine vitesse, va ralentir.

A cette endroit se forme une ligne clé. En effet, c'est l'endroit où il se trouve le plus d'eau.

La réflexion de Yeomans consiste à ralentir l'eau et à la répartir de manière homogène à partir de ces lignes clés.


Il instaure donc sur ces lignes des "baissières". Il s'agit de fossés très étroits, assez profond qui récupèrent l'eau à pleine vitesse.


Certaines baissières sont des baissières de distribution: il s'agit alors de guider l'eau vers un espace qui aura été remarqué comme moins favorisé

(possiblement en raison de part de sable plus importante dans le sol).

La pente de ces baissières de distribution est très faible. De l'ordre de 1% selon Mark Shepard.






2) Les plantes et leurs milieux

Les plantes et leurs milieux (la bio-indication?)

Le règne végétal forme une interface des écosystèmes. A ce titre, il peut témoigner des conditions écologique du milieu ...


Les milieux tout comme les plantes sont classés par traits morphologiques.




Information.

Dans cette partie, il va apparaître le besoin de reconnaître précisément les espèces de plantes.
En général, cette capacité s'établit au fil du temps, notamment par l'habitude, la pratique des guides puis des flores. Ici, il peut-être toutefois plus important d'identifier correctement les espèces, et un contrôle avec une flore judicieux.
Cette capacité s'acquiert ... d'autant que les plantes arrivant spontanément dans les espaces cultivés sont un bloc réduit vis à vis de la flore globale, et d'autant plus réduit que l'on habite bien à un endroit caractérisé par son sol et son climat : cet endroit là, donc.

Je vais du reste essayer de m'attarder sur des plantes plus communes.

Si les aspects morphologiques sont plus ou moins communs à l'identification des plantes (lesquelles sont désormais classées génétiquement) et à celle des milieux, on peut toutefois envisager d'appréhender la pratique de ces identifications sous l'allure de typologies.

Ce sont effectivement deux pratiques de systématiques (il y a des classifications très formelles).

L'identification des milieux paysager s'appelle la phytosociologie.
Je ne le suis pas du tout mais commence à être mieux à l'aise avec les milieux cultivés.

Ici, dans un premier temps, c'est un point que révèle la phytosiociologie qui intéresse:
Qu'en est-il du sol, la plante indique-t'elle quelque chose?
            


Diagramme écologique de Rameau


Je vais tenir comme très important cet écogramme, c'est en effet celui-ci que j'utilise pour poser mes réflexions. Attention, c'est bien celui de Landolt, un peu plus pas que j'utilise pour observer l'ensemble des paramètres susceptibles d'être intéressant.

Cet écogramme présente, l'amplitude écologique des plantes en fonction de l'humidité et de l'acidité/basicité, et en non indiqué ici, en fonction du type d'humus.



Ecogramme de Jean Claude Rameau:
ecogrammerameau


A partir de cet écogramme, on comprend que les plantes connaissent des optima écologiques.

Si le noisetier est une plante qui a des exigences sur la qualité du sol (plutôt basique, et sec), il a un tempérament un peu ubiquiste sans excès quant à la lumière. il peut se trouver à mi ombre en pleine lumière ou à l'ombre d'autres arbres.

La fougère aigle (Pteridium aquilinum), si il arrive (rarement) de la trouver sur certains sols de type basique, indique un sol acide à légèrement acide: acidicline donc. Son exigence est assez marquée, et elle permet d'indiquer l'acidité très probable d'un sol (sauf en une station d'IDF).

On obtient donc des qualités indicatives à partir des plantes, en ce sens où leurs exigences écologiques sont parfois assez strictes.





Actuellement il est plus souvent utilisé l'écogramme de Landolt:

qui vise à vérifier le rapport de telle ou telle plante à:

-Aération/porosité du sol

- Continentalité (du climat océanique au climat continental)

- Luminosité (Jean Claude Rameau a montré que le Hêtre dans son jeune âge ayant besoin de croître à l'ombre d'autres arbres est donc alors une plante d'ombre, indiquant l'ombrage)

- Réaction: du sol acide au sol basique

- Température moyenne à laquelle est soumise une plante pendant sa période de végétation: étage colinéen à étage alpin.

- Trophisme: "nutriments", notamment l'azote.

Parfois,on trouve:

- Vitalité. ainsi la fougère Aigle présente une hauteur de 30-40 cm (de mémoire) jusqu'à 3 mètres de haut; son expression est meilleure, même en pleine lumière sur des sols profonds, acides et filtrants.

-etc.






La bioindication?

Bournérias, lors de sa thèse, avait eu toutes les peines du monde à obtenir des résultats (Sa thèse visait à observer les communautés de plantes s'installant spontanément sur des sols plus ou moins acides, basiques, poreux, etc: il a surtout rencontré tout le stock de graines présent dans la région, et cela indifferemment des sols préparés).

On lui avait en effet confié une étude de plantes arrivant spontanément ... sur des planches de cultures ...Les dimensions n'étaient pas significatives.
Les phytosociologues découpent un paysage en énormes carrés (plus grand qu'un parc), ou en aires moindres mais relativement importantes.



Au jardin, il ne suffit pas de trouver une espèce de plante même si elle est clairement indicative pour en tirer très vite des conclusions. Il est préférable de trouver plusieurs plantes qui puissent effectivement témoigner des conditions du milieu ... pour s'en faire, le plus souvent, seulement une idée.

Les relevés d'espèces sont produit par des carrés juxtaposés. Les quantités d'individus et le pourcentage de recouvrement au sol sont notamment regardés pour chaque espèce.

Les résultats peuvent ensuite être contrôlés par une formule statistique, l'indice de Jaccard par exemple ...

La bioindication au jardin doit donc être faite avec une très grande prudence, et notamment s'intéresser à divers facteurs exprimés dans l'ecogramme de Landolt ... mais aussi pourquoi pas remonter à la géologie: à savoir quelle est la nature de la roche mère: le calcaire parisien donne un sol qui tend vers un pH basique, et le granit armoricain donne un sol qui tend vers un pH acide ...



Et au jardin ...

Au jardin, on aperçoit pourtant parfois des zones qui semblent se distinguer.

On appelle synusie un groupe d'espèces apparraissant en correspondance avec la saison, et sur une seule strate de végétation.
A l'intérieur de ce grand groupe d'espèces (la synusie), on trouve des groupes socio-écologiques formés d'ensembles d'espèces montrant des affinités de rassemblements (témoigant de tel ou tel paysage) mais en ce sens que chaque ensemble montre une similitude d'exigences ou a minima de tolérances vis à vis d'un ou de plusieurs facteurs écologiques (acidité du sol, humidité du sol, lumière, etc.)


A l'echelle d'un paysage, ne serait-ce qu'une micro topographie, l'aspect significatif réclame pour témoigner des rassemblements d'espèces distinguant tel type de paysage:
a) un groupe d'espèces;
b) que certaines espèces en nombre significatif soit bien indicatrices de ce paysage. Cela permet simplement de se faire une idée à propos d'éventuelles anomalies (que fait cette colonie de patience sur un éboulis, dans la Manche), en fonction d'une correspondance à quelque chose de bien documenté.

et pour témoigner des caractères écologiques:
c) des sous groupes d'espèces suffisamement indicatrices des conditions écologiques du milieu.

Pour bien faire, la méthode du relevé/comptage d'espèces en phytosociologie est utilisé.

pelousaire
Ici, quelques mousses, et de la paquerette (en bas) accompagnée de Brunelles (en haut).
Pas de communauté particulière.
Le sol est argileux. Mais il s'agit aussi plus ou moins d'un lieu de passage.
La paquerette est susceptible d'être indicatrice de zone piétinée.
La Brunelle commune est une plante prairiale ou pelousaire (également chemin forestier)
sur sol souvent plutôt frais à humide.
Il peut sembler que le passage ait contribué à un tassement de l'argile
(augmentant son imperméabilité),
et à une plus grande disponibilité en eau dans la partie la plus superficielle du sol.





Au jardin, ce que l'on peut un peu plus souvent constater dans l'apparition des "mauvaises" herbes c'est des liens, des ruptures, des continuités ...

Ainsi:
-Une zone où l'on ne trouverait que des herbes recherchant la lumière sur sol pauvre (allez pourquoi pas?!) et une zone où l'on ne trouverait que des plantes recherchant l'ombre sur sol très humide ...
- On peut encore voir des espaces évoluer au fil du temps, et voir au gré des saisons sur une zone considérée, telle "mauvaise" herbe finissant par tendre à "chasser" toutes les autres (prendre en compte l'effet du desherbage, et le fait que certaines espèces se "cramponnent" plus que d'autres) ...


Si la bioindication est souvent délicate au jardin, il n'en reste pas moins qu'il y a souvent un effet (très) suggestif.
Ainsi d'un espace mis à l'ombre (petite construction récente, par exemple) et faisant soudain surgir l'égopode podagraire ...





Exemple ; la pomme épineuse.

Dans les espaces où la présence de l'homme est très forte et où il intervient, on peut touver une présence nette de plantes qui en elles-mêmes, ne témoignent pas d'un peuplement phytosiociologique précis (elles peuvent toutefois être suggestives).



La pomme épineuse pousse très souvent en bord de routes, et dans les parterres municipaux jouxtant les rues plutôt passagères.

La pomme épineuse peut-être présente dans les friches rudérales [lexique]d’annuelles et pluri-annuelles, plutôt thermophiles, à sols riches en azote (N), bénéficiant d’une large lumière, et ne tolérant pas le sel.


Les plantes représentatives de ce groupes sont :
-l’Abutilon de théophraste (pousse dans le sud de la France uniquement)
- Des Amarantes (blites, caudatus, graezians et hybrides)

Le nom de ce groupe phytosociologique est le Chenopodietalia muralis (des auteurs Braun et Blanquet)



En bords de ces rues, les rudérales [lexique] nitrophiles (nitr-: Azote) amarantes blites et hybrides sont effectivement souvent courantes.



Les conditions pour la levée des graines de cette pomme épineuse proposées par Gerard Ducerf sont :
- la salinisation du sol soit par l’ajout d’engrais minéraux soluble, une irrigation excessive ou de potassium ...
- la pollution qui fait alors référence aux produits d’origine de synthèse (?!), métaux lourds, rejets industriels, ou encore phosphate ou potasse.
- la présence de nitrate d’origine anthropique ; l’origine peut être un blocage de l’activité minérale.
- une minéralisation (transformation du carbone vers l’azote par l’activité biologique des sols) ralentie.


Ici, je dois marquer une petite parenthèse: la levée de dormance des graines correspond à une sorte de réveil. Il est généralement considéré de ce "réveil" qu'il est stimulé par des événements comme l'hydration, la chaleur, le froid, la lumière ou l'ombre, cela pouvant être éventuellement lié à des événements mécaniques comme le frottement de l'enveloppe protectrice de la graine contre des grains de sables quand celle ci chargée en eau gonfle ... ce qui permet d'aider à l'éclatement de cette enveloppe.

→il s'en suit que plutôt que de considérer le "réveil" de la graine, je considère que les propos de Ducerf concerne un stade ultérieur où feuilles et racines sont déjà là et permettent un contact plein et entier de la plante avec son milieu extérieur: le stade semis donc.



La rue est un espace plutôt chaud à la belle saison … réverbération de la chaussée et du béton des immeubles.
Les routes ont seulement la réverbération de la chaussée pour obtenir une chaleur plus importante.


Les pots d’échappements des véhicules thermiques dégagent une forme d’azote partiellement dégradée et des particules fines.
Typiquement, en ville en tous cas, la pomme épineuse semble présente en raison des conditions d’une friche rudérale plutôt chaude et riche en azote … Et peut-être les particules fines participent-elles à l’encouragement de sa présence(?)



→ Noter que l'allure générale d'un tel paysage n'est pas forcément très significatif: un parterre surélevé présentant cette Datura, le trottoir et au pied des immeubles une touffe d'amarante. Si le trottoir n'avait pas été asphalté, il aurait donné lieu à une absence de plantes au centre et sur les bords des communautés de plantes piétinnées. Le trottoir étant asphalté, on reste sur des communautés rudérales [lexique] non piétinées. C'est logique mais le nombre de plantes vues ... c'est maigre ...




-Pollution? Les plantes peuvent-elles indiquer la pollution?

Certaines plantes poussent sur certains sols chargés en métaux. C'est le cas de la Pensée calaminaire, qui dérive de Viola lutea. On a remarqué que cette pensée calaminaire parvenait à pousser et fleurir sur des sols extrêmement pollués aux métaux: ces sols sont très particuliers et montrent des communautés de plantes tolérantes aux métaux.

Concernant les plantes qui seraient indicatrices de pollution, le raisonnement de Gerard Ducerf est un peu spécial, selon moi. Je voudrais me permettre de l'exprimer. Que, par exemple la Renouée de Sakhaline ou encore la Renouée du japon parviennent à pousser sur des sols pollués aux métaux dans leurs régions d'origines, cela n'implique aucunement que lorsqu'elles se développent ailleurs, il y ait ces métaux.

Il faut en principe de grands apports de métaux, et notamment certaines conditions pour bloquer les conditions d'apparition et de croissance de la flore. Les plantes ne "mangent" pas forcément les métaux lourds (par exemple la moutarde indienne le fait, au grand espoir des chercheurs d'or). L'effet de concurence entre les différentes espèces de plantes au profit de ces plantes comme mieux tolérantes au métaux peut aussi laisser interrrogatif.

→ En suivant le raisonnement de Gerard Ducerf, on arriverait pratiquement à la conclusion que la totalité des plantes poussant en régime intertropical pluvieux sur sol acide ont une affinité avec l'aluminium ?!
(L'aluminium et le fer sont deux métaux absolument pas rares dans les sols mondiaux; l'aluminium selon certaines conditions du sol et certaines petites quantités est toxique pour les plantes)




La pensée calaminaire est, quant-à-elle, susceptible d'indiquer la présence de métaux.




Porter la distinction entre la pensée calaminaire de la pensée des vosges peut déjà commencer à indiquer pourquoi:

-Chez la pensée des vosges, la fleur peut être jaune ou bleu violacée ou mixte ... La corolle (ce qu'on appelle vulgairement la fleur) a un diamètre d'au moins 33 mm. Elle peut présenter sa fleur vers le haut ou parfois replier son pédoncule (tige florale) et présenter cette corolle verticalement.

-Chez la pensée calaminaire:

1) il s'agit d'une endémique [lexique] du Nord Pas de Calais poussant naturellement en plaine, jamais au dessus de 50 m d'altitude, sur des pelouses mettalifères ou sur des terrils.

2) Cette plante qui ne pousse pas ailleurs que dans le Nord Pas de Calais, pourrait cependant et peut-être avoir été introduite dans une autre région. Dans un tel cas: la fleur est plus petite: son diamètre est de 33 mm maximum, elle est presque toujours jaune, rarement bleue, et pratiquement toujours: la fleur replie son pédoncule (tige florale) pour poser la corolle à la verticale.

Si elle est introduite ailleurs, c'est qu'il y a une raison: peut-être des essais pour de la bioremédiation (depollution des sols par le truchement de plantations spécifiques)

Quoi qu'il en soit Viola calaminaria dérive de Viola lutea sur des sols chargés en métaux, et ne s'exprime spontanément que sur ces sols. Ils s'en suit que sa mutation peut provenir de sa situation particulière, ce qui suggère une possibilité de bioindication à partir de cette plante.





Comment lire Gérard Ducerf?

[IL S'AGIT ICI DE MONTRER CE QUE L'ON PEUT CHERCHER A "LIRE" A TRAVERS LES PLANTES PRESENTES SUR UN SOL| La question du sol étant traitée plus bas.]



Comme il est visible ci-dessus, je suis sceptique sur les plantes bio-indicatrices de pollution recensées et présentées par cet auteur.

A partir de Rumex Obtusifolius (une patience souvent appelée Parelle), je vais essayer de montrer qu'il n'est pas toujours facile de lire Gérard Ducerf, et qu'il convient d'être prudent.

En effet, la documentation sur les plantes bio-indicatrices que l'on trouve abondamment en faisant de simples recherches sur Internet, s'inspire souvent et assez massivement de l'Encyclopédie de cet auteur.
Pourquoi pas? Mais cela semble se faire d'une manière qui me semble assez brute.
Pourtant à lire cet auteur, des sols sains où jamais rien de particulier n'est arrivé pourraient soudain prendre une allure émotionellement désagréable.
Il me semble donc  important de faire le point, de démonter et de révéler sa démarche, laquelle me semble a priori assez intéressante.





Voyons comme il décrit cette plante dans une fiche synthétique.
+ Essayer de faire le point (pour ausculter les raisonnements de Gérard Ducerf)

Rumex obtusifolius


-Il indique ces caractères indicateurs:

"Engorgement en eau et en Matière Organique provoquant des hydromorphismes et des anaérobioses complètes, avec blocage des oligo-éléments et du phosphore."
il indique encore que tout "apport de matière organique supplémentaire peut conduire à des dégâts irréversibles".

Il note encore que cela indique "une destructuration du complexe argilo-humique (il s'agit de la liaison entre l'argile et l'humus) avec libération d'Aluminium, de fer ferrique et production de nitrites.
Espèces poussant sur substrat acide."


Continuer à lire pour observer les termes "hydromorphismes" et "anaérobiose"



-Commencer par faire le point:

Il est vrai que l'on rencontre souvent la Parelle sur des sols humides.
Son amplitude écologique est ici effectivement en correpondance: il s'agit d'une mésophile à mésohygrophile (sols moyens à humide) selon JC Rameau dans La Flore Forestière Française, qu'il note comme mésophile à hygrocline (préférant des sols à tendance humide).
Effectivement son amplitude montre surtout des sols où l'argile est plus ou moins fortement à l'état visqueux, avec une période estivale de sècheresse possible sauf à l'extrema.



Concernant le fait que cette plante pousserait généralement sur substrat acide, on peut s'en étonner. Marmarot dans Les mauvaises herbes de cultures (ACTA) fait cependant une remarque similaire.
Les données écologiques recensées par Rameau ne sont pas complètement correspondantes: il s'agit d'une neutrophile (pH neutre) ayant effectivment un intérêt pour des sols à pH légèrement acide.





- L'analyse de Gérard Ducerf:

L'humidité permet la dégradation de l'aluminium. Dégradé, il acidifie le substrat.
Le fer ou le manganèse peuvent subir le même type d'évolution.

Gérard Ducerf note ensuite l'existence préférentielle de substrats acides, des anaérobioses (due au taux d'humidité aux sols où l'atmosphère du sol a été chassée par l'eau: manque d'oxygène), et des blocages de phosphore.





- Que faut-il en penser?

Tout cela est possible mais pas obligatoire (notamment l'amplitude de pH où vit la plante fait qu'elle ne semble pas forcément marquer ces problématiques).

L'hydromorphie au sens large, presque "populaire", c'est à dire dans un sens un peu dévoyé, est très problable: A savoir donc la production éventuellement possible de plus ou moins de tâches d'oxyde de fer sur beaucoup des sols où peuvent se rencontrer cette plante (présence de tâches rouges dans le sol).


→ L'hydromorphie au sens strict présente un grand nombre de tâches rouges dues à l'oxydation du fer mais elle présente également généralement la marque d'une migration de ce fer avec de larges pans rendus plus clairs (et donc bariolage) dans l'argile pour le "pseudo gley" ou redox.
Ce phénomène est du à un engorgement total en eau (l'eau chasse l'atmosphère du sol) d'une durée généralement supérieure à au moins quelques jours: les microorganismes vivants en condition anaérobie (en absence d'oxygène) sont alors favorisés, et leurs respirations induisent une oxydation du fer (elle a lieue en absence d'oxygène: un truc de fou qu'ils savent faire).




Le phosphore est retrogradé, c'est à dire "bloqué", dans certaines conditions, notamment avec le calcaire en sol basique en formant des phosphates tricalciques inassimilables par les plantes, et ...
Pour ce qui concerne le propos de Gérard Ducerf,
avec l'Aluminium dans les sols acides en formant des phosphates d'aluminium ( idem pour le fer avec le phosphate de fer).
Ces sols acides sont en fait à pH 5 ou inférieur*: ce qu'il faut voir, c'est que plus un pH est acide, plus l'aluminium va présenter des risques de phytotoxocité d'une part, et de liaison avec le phosphore:

Il faut donc voir que  seule une toute petite partie de l'amplitude écologique de la Parelle  serait concernée par un eventuel blocage du phosphore (étant donné le fait que les sols les plus acides qu'elle fréquente ont une valence théorique de pH autour de 5,5: c'est à dire que la valence de pH la plus faible est de 5,5 jusqu'à 4,9)... et cela à condition que l'aluminium se soit dégradé en quantité suffisante, et agrégé au phosphore pour former des phosphates d'aluminium insolubles, et donc non consommables par les plantes.

Encore faut-il voir que la texture du sol, la profondeur et la richesse d'enracinnement des plantes, etc ... peuvent avoir une incidence sur le cycle du phosphore ...


* Ce phénomène de liaison du phosphore et de l'aluminium est noté sur des sols très acides par le site Wiki Aurea ... Or, en Agronomie, "très acide" indique généralement une valence de pH autour de 5,5. Wiki aurea précise d'ailleurs que l'aluminum est libéré à partir d'un pH 5 et de plus en plus libéré à partir de ce pH en fonction de l'acidité du sol (pH 5 ou inférieur)





→ Concernant le sol,
-Structure chimique du sol: 
L'antagonisme entre l'aluminium et le calcium n'est valable qu'à partir de la "libération" de l'aluminium, donc concerne des pH inférieurs ou égaux à 5.
En aucun cas, la Parelle n'indiquerait cet antagonisme comme spécialement actif (donc, ce qui est destructurant pour le sol se joue en fait à des pH inférieurs)

- Structure physique du sol: l'engorgement en eau, lorsqu'il existe, porte la part argileuse du sol à son état visqueux: le manque d'aération est préjudiciable à l'expression des racines et à la vie microbiologique aérobie (en présence d'oxygène) du sol.



- Donc du coup:

Cela fait des questions pour s'accorder à la fiche de Gérard Ducerf sur la Parelle.
Que se passe t'il? Comment se fait-ce?



En fait, Gérard Ducerf doit synthétiser.

Et des risques possibles mais non obligatoires sont plus ou moins affirmés comme factuels (puisque pour cette plante la valence du pH la plus basse est autour de 5,5 et effectivement pouvant parfois potentiellement atteindre 4,9). C'est donc très très préventif.

Concernant l'indication pour le sol et sa structure (dont la part d'argile peut se trouver hors oxygène de manière périodique), ce n'est qu'à partir d'un pH 5 et inférieurs (et très notables sur des sol hyperacides; pH inférieur à 4) que l'antagonisme de l'aluminium joue à l'encontre du Calcium.

Il reste possible que Gérard Ducerf craigne un autre phénomène: effectivement une humidité trop constante des sols peut ralentir la dégradation de la matière organique. Cette dégradation quand elle est trop lente est un des facteurs possible d'acidification du sol. Mais pour autant ... Ici encore, la Parelle ne semble pas pouvoir indiquer spécialement ce phénomène (sauf eventuellement sur certains sols toujours bien bien humides.)


Si j'ose, et d'une certaine manière, Gérad Ducerf y va fort dans la synthèse.



Il y a encore une autre chose à noter, c'est qu'il me semble que Gérard Ducerf pense en fonction d'un sol agronomique. Ces sols notamment en ce qui concerne le pH (l'acidité, basicité) ont une amplitude étroite netttement tournée vers la neutralité. Les sols fréquentés par Gérard Ducerf sont tous potentiellement structurés ou structurables (présence d'une argile, intérêt plus marqué encore pour le Calcium). Ce type de sol, excellent pour le blé le colza ou certains fourrages agronomiques, n'offre pas les plus belles floraisons sauvages et se présente comme moins "obligatoire" pour la culture ornementale.




-La réponse:
La parelle est en fait simplement une plante indicatrice de sols pourvus en azote (sols eutrophes), et souvent plutôt humides
(sans autres commentaires "dramatiques" particuliers).

JC Rameau la présente comme indicatrice de nitrate.






Encore une lecture/exercice: 3 plantes.

 La ficaire et 2 petites renoncules ...



Gérard Ducerf écrit pour ces plantes qu'elles indiquent un engorgement total en eau et en matière organique, de l'asphyxie du sol et des hydromorphismes (voir plus haut pour la définition).
Ce n'est pas obligatoire mais tout à fait possible:


Voici
-tout d'abord la petite douve ou renoncule flammette (Ranunculus flammula). Et bien là ... on est vraiment dans le 1000. Beaucoup d'eau.

-La petite Ficaire est avant tout une plante d'ombre et de mi-ombre, vivant sur des substrat plutôt bien pourvu en nutriments. Côté humidité elle aprécie les sols frais à moyen: elle a une tendance vers l'humidité. Cela se constate.


Bon alors là ... 
J'ai bien envie de commencer par faire un "pack" avec la renoncule rampante (présentée ainsi en photo ci-dessous) ...
renoncule rampante

Ce qui permet un caractère indicateur pour la ficaire et la renoncule rampante est leurs capacités de conquêtes sur le sol. L'effet de concurrence à l'encontre d'autres plantes est notable.


L'engorgement des sols en eau et les hydromorphismes au sens large et quelque peu dévoyé (quelques malheureuses petites tâches de rouilles trouvées ne qualifient pas un sol en son entier) font tout à fait partie des possibilités que pourraient éventuellement indiquer ces deux plantes (la ficaire et la renoncule rampante).



L'engorgement en matière organique pour la petite ficaire interroge toutefois ... dans le sens où cela pourrait indiquer que le cycle carbone → azote est ralenti ... et qu'il y aurait donc plus de carbone que d'azote, et qu'ainsi que Ducerf l'indique encore à travers son mot, "Matière organique archaïque", que ce matériau trouve de vraies difficultés à se "décomposer", se dégrader ... Pour autant, la plante pousse en fait sur des sols bien pourvus en nutriments  ...
Ce qui intrigue ...





Cela mériterait donc un regard approfondi (j'en profite pour reprendre les 3 plantes):


Ainsi,
-Pour Ranunculus flammula, la vie du sol anaérobie (sans oxygène) est largement favorisée et indique assez fortement la présence probable de sols gleyfiés (l'eau y stagnant presque toujours ou de longs mois, cela induit une transformation du fer)

-Pour la Renoncule rampante, la vie anaérobie est également potentiellement et partiellement favorisée mais cela uniquement dans certains cas et en certaines périodes: des oxydations de fer peuvent avoir lieues sur une partie de l'amplitude écologique de la plante. Cela y compris jusqu'à gleyfication à l'extrema humide de l'amplitude écologique de la plante: ce qui ne la rend donc pas pour autant indicatrice de ce phénomène  de "pseudo gleyfication" ou redox,  et de "gleyfication" ou réduction.

Dans le sens d'une humidité croissante, "Pseudo-gleyfication" soit: le fer s'oxyde par la respiration des bactéries anaérobies: tâches de rouilles. La "gleyfication" correspond, elle, à une argile "d'imperméabilsation": elle est verte ou bleue car le fer a subi une réduction due à un engorgement prolongé en eau.



-Je reste un peu plus distant sur cet aspect pour la Ficaire qui me semble surtout marquante de sols frais à légèrement humide sur des humus plutôt dynamique, vivants. D'autant que (voir ma gêne quelques lignes au dessus), la Ficaire indique bien quelque chose: elle indique la présence d'azote dans le sol (sol eutrophe ou légèrement en dessous, infra-eutrophe).
Je reste sceptique avec l'analyse de Ducerf à propos de la Ficaire.

La renoncule rampante indique des sols moins transformés par l'eau que ce qu'écrit Ducerf. La renoncule flammette par contre fréquente des sols susceptibles d'être modifiés par les engorgements en eau. C'est une hygrophile et elle est une indicatrice de Zone Humide.






Ce qui compte ici en fait, ce n'est pas que Ducerf puisse ou non se parfois se planter mais de voir comment raisonner face aux aspects synthétiques des informations qu'il délivre: croiser les données du système-sol (comment il "vit" si l'on peut dire de manière imagée) avec les données des exigences écologiques des plantes.


→ Un autre point beaucoup plus notable est de considérer l'intérêt de la démarche de Ducerf:

Il s'agit pour lui d'observer en fonction des diagrammes écologiques des espèces les correspondances avec les connaissances que l'on peut avoir de la réaction d'un sol dans telle ou telle situation: de croiser donc cet aspect d'une discipline appelée phytosociologie avec une autre discipline, la pédologie.

Cela dit, si par exemple, une acidité à-peu-près précise est connue en fonction des différentes formes d'humus, la démarche reste sans doute encore assez fragile pour obtenir de grandes autres précisions.
En pédologie, les différents humus sont déterminés selon leurs formes notamment due à la dégradation des matériaux, mais aussi en vertu de leurs épaisseurs: le mor est le plus épais et sera indiqué très acide, le moder est d'épaisseur moyenne, et les mull se caractérisent par un discontinuité entre la litière et les horizons de sol sous jacents (les couches de sols) ...
Il est remarqué que certains sont plus acides que d'autres.
Mais tel humus ne détermine pas comme nécessaire et suffisant son pH.
Ce ne que plus tard que des mesures pH furent prises et évaluées statistiquement selon les types d'humus

La méthode de Ducerf consistant à croiser les données de phytosociologie et de pédologie est assez maline mais pourrait souffrir occasionnellement d'une confrontation un peu brutale de deux grands champs d'appréhensions des données de paysages (sol, et communautés de plantes)

Ainsi, si la parelle est notifiée comme indicatrice de sols eutrophes par les phytosociologues, c'est qu'on la trouve favorablement sur cet humus qu'est le mull eutrophe.

Il faut voir alors que les sols des prairies agricoles sont le plus souvent des mulls eutrophes, et parfois des mulls mésotrophes.
Aussi Ducerf a sans doute cherché une autre possibilité d'indication pour cette plante qui puisse être reçue pertinemment quant aux milieux de cultures ... Mais pour que cela soit fiable, il faut pouvoir le confirmer au moins statistiquement ...
Sur ce point, le travail de Ducerf reste aveugle ...




/!\  Les différentes données du système sol doivent être modulée en fonction de l'altitude ou du climat, et ...
De la vie des plantes de leurs prélèvement tant en nutriment qu'en eau (les plantations de peupliers ont le pouvoir d'assécher des zones humides, par exemple)


 
(La question du sol est traitée un peu plus bas)







Notes prises sur des floraisons hors saisons: influence du mouvement climatique.

Tout d'abord, il faut noter que ces floraisons ont eue lieu à Paris, à Montreuil, à Bagnolet où  l'ilôt de chaleur urbain dispense jusqu'à 10°C de plus que dans les campagnes environnantes.

-[2019] La floraison qui me laisse le plus songeur est celle d'un pissenlit.
Probablement du groupe ruderalia, celui que l'on nomme génénralement Dandelion.
Les pissenlits sont très difficiles à identifier entre eux. Ici, d'autant plus que certaines floraisons ont suivis des périodes de froids plus marqués. Tissus abîmés par le froid.
Il n'a cessé de fleurir durant tout l'hiver jusque fin février: au moins 2 individus dans le Xiii arrondissement. Nulle floraison aperçue ailleurs.
La floraison indiquée par Flora Gallica pour ce groupe taxonomique étant de Mars à juin: j'attends avec impatience de voir ces individus fleurir de nouveau dans la période qui leur est normalemernt réservé. L'un deux aurait peut-être fructifié (?) Ce dont je doute: les floraisons hivernales de ces pissenlits ont pratiquement toutes montré une fanaison à fleurs fermées. Les fleurs ont donc avorté nuitamment. Cependant l'une d'entre elle a montré un plateau soit vierge de ses fleurs ligulées (cas le plus probable), soit vierge de ses akènes (cas très improbable, plutôt impossible). Mais dans un tel cas, l'energie dispensée à cette activité devrait être compensée par une période de latence durant laquelle la plante aurait intérêt à consommer de l'energie solaire sans faire plus d'efforts aussi grands ...


La période de froid, modéré (il a neigé), a été plutôt courte. La période de chaleur post-estivale était à la fois longue et présentant des températures fortes.

-Les roses (taxon écodormant) ont ainsi fleuri sous la neige (paris XIII, Montreuil) ainsi que Salvia coccinea (Paris XIII).

-Je me souiens en janvier avoir vu le Mahonia X média en boutons mais ne me souviens pas outre aujourd'hui mais ailleurs l'avoir vu en fleurs (situation a priori normale). Un Mahonia n'était qu'en bouton hier (le 24/02/2019; Bagnolet, parc du château de l'étang) mais la situation est alors plutôt normale pour un Mahonia commun. Pas de retard ou imperceptible sur Mahonia; et idem Oranger du Mexique.

-Je ne suis passé qu'hier et aujourd'hui (24 et 25 février 2019) sur les fruitiers. Bourgeons des Pommiers, Poiriers et Abricotiers sont correctement exprimés. Les besoins en froid pour ces espèces ont été suffisants.
Ainsi que début d'expression pour la vigne.

-La Corète est en fleurs depuis le 19 janvier 2019, paris XIII. Il s'agit d'une anomalie, tout comme pour les Rosiers et Salvia coccinea. La période de floraison normalement consacrée à la Corète est d'Avril à mai (ou même depuis fin mars à la rigueur)

-Le Laurier-tin me semble dans la région toujours assez tardif ... Il est parfaitement en fleur toute fin février mais début février (le 2 février, partie septentrionnale de la rue Robespierre à Bagnolet), il n'était qu'en boutons ...
Sa période de floraison  débute normalement en décembre (fin novembre-décembre) ... -> Ces retards de floraisons sont-il imputables à un manque de cumul d'heures de froid? Cette plante est pourtant réputée ne pas subir une dormance vraie. I.e. préparer sa floraison dès l'automne.

-Depuis quelques temps (cela ne se compte pas en semaines) j'observe de loin les Photinia X fraseri. J'ai pu hier (le 24/02/2019) près du Parc du château de l'étang à Bagnolet avoir confirmation qu'ils sont en boutons floraux. Il s'agit d'un anomalie. La période de floraison normale pour ce taxon est d'Avril à mai.

- 19/03/2019, Haut de Montreuil, mais également en allant vers le centre-ville mais non constaté à Bagnolet: 
-Syringa vulgaris (Lilas) constaté en bouton: la floraison normale a lieu en mai.

- 15/04/2019, Bagnolet, Vigne constatée en bouton; la taille a eue lieue en février-mars. Habituellement dans la région la taille de fructification peut être faite début avril.

- Début septembre 2019: tout le nord de la Creuse est désséché; beaucoup d'arbres déffeuillés ou assoiffés.

- 11 septembre 2019: Montaigut station, un village (23320) et ses alentours : devant des pacages jaunis la Fougère Aigle montre aussi quelques signes de stress hydrique. elle resiste mieux à la sécheresse que les herbes. L'achilée Millefeuille est toujours en fleurs. Vaches paissant des prairies plus que maigres. Arbres Ok!

- 9 novembre 2019: Début de fraîcheur ... Les jours ont raccourcis ... depuis mi octobre, le roussissement des feuillage a globalement commencé mais il reste toujours vraiment beaucoup de vert aux arbres et arbustes.
En Fleurs: Solanum rantonnetti restent en fleurs. En principe sa floraison est de mai à octobre. Bagnolet (non loin de la place de la Fraternité)
En Bouton, Rosa sp.
En bouton: Choisya ternata X C. dumosa var arizonica protégé à l'UPOV sous le nom de Choisya X dewitteana Geerinck, soit le Choisya 'Aztec perl' dont la floraison est en principe en (avril) mai à juin, puis possiblement en septembre ...


- 22 novembre 2019 Rue Fernand Braudel, Paris XIII, Je note arbitrairement quelques plantes restant en feuilles, pour observer quand ces feuilles attaquées par le froid, si elles ne sont pas deshérbées par les jardiniers municipaux, disparaîtront: Rosettes de Pissenlits du groupe ruderalia, Ortie dioïque toujoues en forme, et ce qui semble au stade plantule, de la margueritte. Marrant, mauvaise photo un peu floue prise rapidement de nuit, je pense plus à un Rapistrum rugosum, une lampsane mais bien moins un laiteron ... Après l'avoir revu ... (le stade plantule est un peu particulier) à suivre ...

- 25 novembre 2019, Rue Fernand Braudel, Paris XIII: Je n'attendais pas le Centranthe en fleurs (Centranthus ruber). Inattention le 22. Quelques pieds sont toujours en Fleurs, pimpants. Il s'agit d'un cultivar dont la floraison aurait due s'arrêter en septembre.











3) Matières organiques, CEC, etc.

Matières organiques, types de sols et capacité d'échanges des cations (nutriments) Exemple de la permaculture.


Selon le type de sol et le type de matière organique qui va y être ditribué, on n'obtient pas forcément la même chose.

L'un des points intéressant à prendre en compte (loin d'être le seul) est la capacité d'échange des cations.
Les cations sont des nutriments: ce sont le Potassium, le Magnesium et le Calcium.

Il y a une époque où l'on disait "Il ne suffit pas de nourrir les plantes, il faut nourrir la terre!"
On va voir avec la Capacité d'échange des cations" dite CEC, qu'il est possible de si bien nourrir la terre que cela puisse se faire aux détriments des plantes ...



L'exemple de la permaculture viendra ici mettre en valeur un point que j'ai noté chez les permaculteurs amateurs (plutôt pas les professionnels) et qui est susceptible de se poser comme hypothèse quant à des diffcultés rencontrées.




La CEC est indiquée de 1 à 35

-Les sols très sableux, sensibles aux lessivages ou ayant donc une résilience vis à vis des aléas climatiques faible, ont une CEC qui va théoriquement de 1 à 8: les échanges de nutriments y sont très faciles ... Mais ces derniers sont peu ou pas fixés au sol ... et sont lessivés

A contrario,

- Les sols très argileux ou extrêmement riches en humus (type litière forestière) ont une forte capacité de résilience tant aux aléas climatiques qu'à d'eventuels lessivage. Ils ont théoriquement une CEC qui va de 25 à 35. Dans les sols riches en humus, le rapport Carbone/ Azote y est théoriquement également élevé. Dans ce cas les échanges de nutriments y sont considérés comme difficile pour la plante. On parle parfois de la compétition sol/plante**. Ici, la compétition sol/plante est a son acmé: le sol est alors nourri au détriment de la plante.
Pas de bol!


D'un point de vue agronomique (production de nourriture, la CEC est préférable si elle est inférieure à 25.
Typiquement les sols à dominante limoneuse (CEC de 8 à 15) et limono-argileuse (15 à 25) sont préférables.


La CEC indique la capacité d'un sol à "agréger" les bases (Potassium, magnésium, clacium). Lorsqu'elle est élevée, ces nutriments sont bien "aimantés" par le sol. Lorsqu'elle est faible, ils ne s'y "accrochent" pas.
Cependant une CEC élevée, et donc un sol riche en base, n'indique pas pour autant que ces dernières soient laissées à disposition des plantes. Le sol peut les retenir**: si il y a plus de cations, il y a aussi la possibilité que l'electro-aimantation de ces éléménts soient également plus (trop) fortes. Il s'agit d'un risque, simplement.



Il faut donc interroger cette idée importante d'introduire du Carbone au sol (de la matière organique). J'espère que l'exemple donné ci dessous concernant certaines pratiques permacoles permettra de se rendre compte qu'il s'agit aussi avant tout (et plutôt que de jeter la pierre à la matière organique) d'une attention à prendre vis à vis du type de sol que l'on a, du type de matière organique que l'on s'apprête à disposer ... et du but recherché ...



Exemple de la permaculture à travers avantages et limites:

Le rapport INRA sur la ferme du Bec Hellouin corrobore l'aventure vietnamienne du système VAC


Le système permacole permet une plus forte productivité sur des dimensions réduites
Type potager jusqu'à maraichage de microferme, mais pas sur des dimensions importantes.

Ce rapport, par ailleurs positif, indique que cette microferme permet à une personne de vivre. Pas plus.

Afin de comprendre pourquoi ces résultats, il suffit de regarder les points forts et les limites dans certaines pratiques de la permaculture:

-Points forts:

Il s'agit d'une forme d'exploitation des sols hyper intensive ( la plus intensive à ma connaissance)


-Protection des cultures, bio diversité : de bon à très bon avec une marge de progression.


-Résilience vis à vis de phénomènes climatiques : très excellent !!! ( Raison: taux de carbone au sol)


-Avenir de la Permaculture : oui, car résilience vis à vis des phénomènes climatiques.


- Points faibles :

-La productivité n'est pas concurrentielle: le taux de carbone au sol est souvent suscpetible d'être trop élevé. Notamment la nature du carbone parfois renvoyée au sol ( lignine, celluloses) est susceptible de présenter un rapport carbone azote suffisamment élevé pour suggerer une Capacité d'Echange Cationique autour de 20 à 30. La cec d'une litière de forêt est autour de 30; une CEC supérieure à 25 est plutôt trop élevée en terme de productivité: grains, légumes et fruits.
Sauf, en certains cas, la lignine et une partie de la cellulose gagneraient à être compostées quand les sucres et par ailleurs les graisses ( fleurs. Fruits tissus jeunes) présentent d'excellents résultats en application directe sur le sol, et cela même dans la durée. Ce compost pourrait en tous cas être alors préfernetiellement renvoyé sur des zones à ligneux où une forte productivité n'est pas attendue ( telles haies dont le rôle est l'accueil de certains auxiliaires, ou espaces ornementaux ...).
Ceci étant dit (difficile à mesurer avec une loupe x30), si le compost présente une large proportion cytologique (carbone d'origine bactérienne), il peut alors être renvoyé directement aux sols ...
On comprends néanmoins que cela est lié à la mâturité du compost ...Donc oui pour composts finis (mûrs)


On peut noter tout à fait par ailleurs que les fameuses buttes pretenduement permacoles présentent des abris à "mulots" où leurs prédateurs ne pénètrent pas;
Sur la disposition de matériaux ligneux au sol de manière générale ( ces buttes mais aussi certaines "lasagnes") ont un taux d'efficacité plus important en présence d'insectes champignonistes: certaines fourmis,  et les termites*.
La disposition de matériaux ligneux n'est pas toujours sans délicatesses. Elle doit être produite avec la prudence la plus grande sur les sols massifs de type argileux: seulement à l'automne* et plutôt pas au delà d'un centimètre d'épaisseur en évitant toute incorporation.


Cette question de la productivité n'intéresse que la production alimentaire. La Capacité D'Echange Cationique se présente comme une exigence moindre pour les haies, et pour l'ornement notamment l'ornement où la floribondité ne pose pas de problème particulier ou bien ne qualifie pas la plante comme ornementale (plante ornementale pour son feuillage par exemple): en effet la fructification est l'un des très grands efforts énergétique produit par une plante.



- Autre point faible: l'éventualité d'un travail important: l'hyper intensité de l'exploitation des sols, contrairement à une vieille ou ancienne légende, donne du travail (cette légende est issue de Mollison et Holmgren qui cherchaient à automatiser le cycle de production par les cycles écologiques): il peut sembler très a priori que ce point fait partie des points pouvant avoir une incidence sur le fait qu'il soit difficile de rester hyper productif sur de très "grands formats" en permaculture



Le très gros avantage de l'aventure permacole est d'avoir montré qu'on peut obtenir une production alimentaire de très bonne qualité sur un sol ayant un rapport carbone azote très elevé.
Ce taux de carbone offre une résilience ( effet tampon) vis à vis des aléas climatiques (mais la distribution de l'azote s'en trouve ralentie*
-> on tamponne alors l'effet tampon par l'utilisation de légumineuses : complexe. La solution de Gertrud Franck, très intensive, se contente d'epinards comme engrais verts)

De manière générale et pas seulement en permaculture (d'ailleurs, l'une des disciplines à l'origine de la question) le taux de carbone devant être augmenté dans les sols, il faut ameliorer les pratiques consistant à son utilisation.

* Il s'agit non de la Capacité d'Echange Cationique mais de ce qu'on appelle "la faim d'azote" (où l'azote est entièrement requise par la vie du sol: bactéries et champigons)
** Cette aimantation des cations dépends de plusieurs paramètres: Acidité ou basicité, aération, climat, profondeur de l'enracinement des plants, type d'argile ...

Compétition Sol/Plante:

Les plantes se nourrissent dans une solution du sol (eau+éléments minéraux).

Cette compétition quand elle existe est aussi liée à l'hydratation du substrat, et donc à sa dsiponibilité en eau et en oxygène.


Les substrat à CEC élevé retiennent mieux les bases.
Les conditions pour permettre la charge de la solution en minéraux doivent alors être requises: ces conditions sont liées notamment à l'hydration/aération.

Ainsi, par exemple, dans le cas des argiles de type Illite très liées au Potassium (lequel permet un équilibre des charges électro-magnétique de ces argiles), les feuillets retiennent un potassium non dégradé qui peut être libéré par écartement de ceux-ci sous l'action de l'hydratation. Libéré, ce potassium sous l'action des excrétions racinaires, des mycchorhyzes, etc. va pouvoir être dégradé en Potassium assimilable par les plantes. Par contre en situation sèche ces argiles ont tendance à rétrograder le Potassium. Celui-ci va être attiré à l'intérieur des feuillets de l'argile (loin, donc, de l'action des racines).

Dans la partie superficielle du sol où se trouve l'humus, la vie à tendance à faire évoluer la donne.

Le carbone de la Matière Organique requiert une partie de l'eau.
En outre, la vie du sol qui dégrade cette matière organique en humus requièrt également de l'eau.
Il s'en suit que moins un matériau d'origine organique est dégradé, et plus encore si il est résistant dur épais (feuilles épaisses, bois), plus les besoins en eau peuvent être important pour sa dégradation.

Le fait d'introduire souvent des matériaux long à dégrader en déséquilibre avec des tissus végétaux jeunes (dits fermentiscibles), outre le fait de l'élévation de la CEC (capacité de rétention des éléments minéraux), va charger le sol en ces matériaux et va impliquer à la fois plus de temps et plus d'eau pour parvenir à ce moment où la plante peut y puiser sans trop de difficultés.



(En revanche, un substrat détrempé remet les particules d'argiles en suspension. elles ne sont plus accrochées les unes aux autres/ rend l'humus anaérobie --privation d'oxygène- et bloque la vie du sol)



Argiles et humus: colloïde et trophie "potentielle" (nutrition potentielle)

Rappel:
Le complexe argilo-humique.

L'humus apparaît comme la fraction stable de la Matière Organique du Sol.Cette fraction a une charge négative.
L'argile a également une charge négative.

L'humus et l'argile se repoussent.

Le Calcium et le Magnésium ont des charges positives.

Par aimantation, il lient l'argile et l'humus.


L'argile comme l'humus ayant une charge négative (-),
contrairement aux anions(-), les cations(+) se fixent sur le sol. Les anions(-) sont beaucoup plus mobiles: c'est ce qui explique que les nitrates (No 3-) soient souvent lessivés, par exemple.

L'hydrogène (H+), le calcium (Ca+), le magnesium (Mg+), le potassium (K+) sont fixées en quantités importantes, viennent ensuite l'ammonium (NH4+), le manganèse (Mn+), le zinc (Zn+), le cuivre ...puis le fer, l'aluminium ...

L'electro-aimantation joue ici un rôle: les ions dits bivalents ( ainsi de Ca++ et de Mg ++ ; différent de k+) sont mieux fixés au sol.
Mais également
Les ions faiblement hydratés (entourés d'une faible couche d'eau) tel notamment Ca ++, ainsi que Mg ++ sont mieux fixés que les ions plus fortement hydratés: le potassium (K+) et le sodium (Na+)

Bien entendu, les anions (-) ont la possibilité de se fixer sur les cations (+).



Jean Yves Massenet indique la capacité d'aimantation de quelques argiles et de la matière organique mesurée à pH 7; La surface des argiles (feuillets, externe et totales) peut aussi intéresser:

Argiles:

La kaolinite est indiquée de 3 à 15 meq/100g; Surface feuillet: 0 m carré/gramme;  Surface externe: 10 à 30 m carré/gramme. Surface totale 10-30 m. carré/g.
L'illite est indiquée de 10 à 40 meq/100g Surface feuillet: 20 à 55 m carré/gramme;  Surface externe: 80 à 120 m carré/gramme. Surface totale 100-175 m. carré/g.
La chlorite est indiquée de 10 à 40 meq/100g Surface feuillet: 0 m carré/gramme;  Surface externe: 100 à 175 m carré/gramme. Surface totale 100-175 m. carré/g.
Smectites, (La Montmorillonite) de 80à 150 meq pour 100g Surface feuillet: 600-700 m carré/gramme;  Surface externe: 80 m carré/gramme. Surface totale 80-150 m. carré/g
 La vermiculite de 100 à 150 meq/100g Surface feuillet: 700 m carré/gramme;  Surface externe: 40 à 70 m carré/gramme. Surface totale 760 m. carré/g.

Autre colloïde:
La matière organique est indiquée de 100 à 450 meq/100g

-> On voit tout à fait que la capacité d'aimantation des cations est susceptible d'être largement supérieure même à la Montmorillonite et à la vermiculite dans la Matière organique du sol.

-> Mais Attention la valeur du pH est directement impliquée:

Par exemple pour une argile:

A pH hyperacide (autour de 3 et inférieur) donc par exemple un pH de 2,61, pour 100 g de cette argile le calcium retenu est de 0,53 meq (ici, il peut y avoir effet d'antagonisme avec l'aluminium ainsi qu'effet d'acidité du sol sur le calcium)

A pH bien basique, par exemple un pH à 8,6: 100 g de cette même argile va retenir 25,44 meq de calcium (CaO).

A ph neutre, le calcium retenu par cette argile est de 14,95 meq pour 100g




Par ailleurs:
Selon le type d'argiles, la fixation et le remplacement d'un cation par un autre sur cette argile ne s'effectue avec le même ordre de priorité (en gras, les éléments susceptibles d'intéresser les plantes et d'être prélevés).

-La montmorillonite par exemple déplace les cations dans ce sens:  Calcium->Magnesium->Hydrogène->Potassium-> Sodium
-La kaolinite déplace les cations dans ce sens: Calcium -> Magnésium -> Potassium -> Hydrogène -> Sodium
- les acides humiques déplacent les cations dans ce sens:  Calcium -> Magnesium -> Potassium -> Sodium





La surface des argiles (voir tableau ci-dessus):

-La surface externe implique que les minéraux assimilables y soient "accrochées" en plus ou moins grand nombre selon la taille de cette surface.

-La surface interne implique des phénomènes de "blocage", rétrogradation des minéraux qui vont alors sous certaines conditions y être "attirés, elle implique ausssi les phénomènes de gonflement de l'argile. A l'inverse de la rétrogradation, cela implique une disponibilité sur le long terme des minéraux (libération par l'écartement des feuillets lors du gonflement de l'argile et dégradation de ces minéraux sous formes assimillables par excrétions racinaires ou par l'action des champignons, etc.)





Acidité ou basicité de quelques éléménts.

Elements acides: H+ (hydrogène); NH4+ (ammonium); NO3- (Nitrate)

Eléments basiques: Ca++ (Calcium), Mg++ (magnésium), K+ (potassium), Na+ (sodium)





Rappel: ce qu'on attend du Carbone.

Tout comme les argiles, le carbone à une forte capacité à retenir l'eau.
Le carbone est réputé peu généreux: c'est à dire qu'il est réputé retenir l'eau avec une très grande force, et donc ne pas en permettre une large disponibilité au plantes. Cela étant dit, les chiffres sont variables.
Le carbone réagit donc comme une sorte "d'éponge" qui va retenir une forte quantité d'eau.

Il peut en ressortir cette idée que sur argile ... l'ajout de matière organique (Carbone) est peut-être inutile.
Ce n'est pas forcément le cas.

Le carbone stimule les cycles bio géo chimiques en abritant des bactéries.

Il améliore donc les cylcles biologiques du sol.

Il permet alors en bout de course d'améliorer la texture des sols argileux massifs.
L'autre solution pour améliorer les sols argileux massif consistait à enfouir des sables et graviers de formes irrégulières présentant de 3 à 5 diamètres différents.
Une solution qui implique des coûts: l'achat du matériaux, et le fait qu'il faille refaire le travail périodiquement.
Elle implique aussi un problème de disponibilité en matériaux et des problèmes écologiques: sables et graviers sont tirés des rivières.


La matière organique améliore donc la rétention en eau par le sol (et notamment pour celui-ci), et les cycles bio-géo-chimiques. Sa présence sur un sol argileux, si elle peut améliorer la texture du sol, est avant tout destiné à la protection du sol et la stimulation de la vie qui s'y trouve (mais pas nécessairement toujours aux plantes qu'on y installe).

Choisir la bonne matière organique en fonction du sol permet d'améliorer cette pratique qui consiste à la distribuer aux sols.






Matière organique, le Bois Raméal Fragmenté, une technique subtile.


Le Bois Raméal Fragmenté, dit BRF, est une technique étonnante mise au point dans les années 1970 L'utilisation de ce broyat (BRF) a été découverte par hasard, au Quebec, dans les années 70 par M Edgar Guay, qui était alors haut fonctionnaire d'Etat.

Le BRF est constitué d'un broyat de jeunes rameaux aux extrêmités encore jeunes, et feuillés!
Sous cette dénomination, il est en fait vendu du broyat de bois. Ces deux matériaux sont différents, notamment dans le temps nécessaire à leurs dégradations.
L'intérêt du BRF par rapport à d'autres amendement et de produire un humus dit stable, fait d'acide humique et d'humine (voir chapitre suivant); L'utilisation de Broyat de bois plus âgé correspond à ce critère.
Le BRF est donc orienté vers cet d'humus là.
Cependant, des humus issus de tissus jeunes présentent également une longue vie dans le sol. Ce n'est pas blanc/noir.
Par contre, en fonction du sol concerné, il importe de réfléchir à la matière organique à distribuer et à la manière de la mettre en place.

Ainsi que je l'indique plus haut, le BRF (en tant qu'il est fait de bois) ne convient pas sur tous les sols a priori. Il faut en tous cas adapter la manière de distribuer.
Sur Argile massive calcique il peut y avoir des surprises.

J'avais pris grand soin de ne pas incorporer ces morceaux de rameaux au sol. Mais l'un deux sans doute avait réussi à se trouver dans une situtation un peu plus profonde (à cause du gonflement de l'argile durant l'hiver sous l'influence des pluies?). Je le retire et vois que dessous l'argile est gris blanc, presque cendrée. Un peu comme si le bois avait "bu" une partie du sol, ne laissant à l'argile que d'être infertile.


Que s'est-il passé? Je n'en sais rien mais je me propose de poser l'hypothèse suivante.
Les argiles et la matière organique ont des très fortes CEC.
La CEC de la matière organique s'équilibre lors de sa dégradation en plusieurs sous produits, dont les minéraux (et parmi ceux ci les nutriments).


Lorsque l'argile est détrempée, ses feuillets sont ouverts, et au bout d'un moment, les minéraux qu'elle retient pourtant avec force sont plus libres.
Le bois reste tel, pour ainsi dire.


Il pourrait sembler que quelque chose a joué en faveur du morceau de bois, et que ce dernier ait comme attiré notamment le calcium tout contre lui et d'autres composés humiques.
On sait surtout que le  calcaire peut se dégrader sous forme de bicarbonatessous l'incidence des acides carboniques et nitriques lors d'une première phase de décomposition de sa lignine: mais cela n'explique pas forcément le sol commme cendré.
La gangue de calcium si elle se forme sur de la matière organique tend à rendre plus difficile sa décomposition.
Quoiqu'il en soit, c'est le seul bout de bois qui m'ait fait cette chose indésirable.


L'association Le Sens De l'Humus complète ces observations en signalant notamment la fonction de l'hydromorphie à l'encontre de la vie des champignons décomposeurs.

Ce qu'il faut retenir de cette remarque portée par cette association permet de comprendre pourquoi on incorpore pas le BRF dans les sols argileux massifs très sujets à l'état visqueux: mal aérés, les champignons décomposeurs ont du mal à s'y dévelloper.

Le BRF sur ce type de sol est donc simplement posé sur le sol (1 cm à 1,5 cm maximum d'épaisseur de BRF).





Le BRF est posé avant la "saison morte": les bactéries et les champignons lignivores vont avoir besoin de l'entiereté des ressources en azote présente sur le sol pour pouvoir décomposer le BRF.
C'est au moment où il n'y a plus rien à décomposer qu'elles meurent et restitue l'azote empruntée: il y a un gain d'azote génénralement non négligeable à ce moment là.

Si le BRF était posé juste avant la belle saison, il deviendrait nécessaire de compenser l'azote empruntée par les décomposeurs par de la distribution d'engrais, y compris sous la forme de semis de légumineuse.

Le BRF ne peut pas être posé l'été car en raison de la chaleur, et donc de la sécheresse, il ne trouvera pas l'eau nécessaire à cette étape: il ne se dégradera pas, il séchera.







Humus, quoi?

Je vais  d'abord ici de nouveau beaucoup m'appuyer sur les cours de Jean-Yves Massenet pour rappeler ce qu'il convient de retenir/penser ... Notamment lorsqu'il est question de déposer de la matière organique selon un sol.

-> Les bases et l'azote contenues dans la matière organique fraîche ont une incidence positive sur la vitesse de décomposition de cette matière organique.
-> Les tanins et l'hostilité du milieu (acidité ou manque d'aération, froid et longue sécheresses) ont une incidence positive sur la lenteur (ou le blocage) de la décomposition de la matière organique.



Ces données ne donne pas de solutions mais peuvent être portées à l'esprit dans certains cas:

Les composés humiques sont ceux-ci:
- acide crénique| Bas poids moléculaire
-acide hymatomélanique| Bas poids moléculaire
-Acide fulvique| Bas poids moléculaire et poids moléculaire moyen
-Acides humique| Haut poids moléculaire
-Humines| haut poids moléculaire.




Une part de la lignine se lie à la matière minérale, puis se décompose en humine (à haut poids moléculaire)

Une part de la lignine, les sucres, les matières azotées et les éléments minéraux solubles, les tanins et la celluslose sont:

-soit directement minéralisés (transformation en eau, en carbone, en phosphore, en calcium, en magnésium, en ammonium)

-soit ils se transforment en composés phénoliques solubles puis en composés humiques de bas poids moléculaire, et se transformeront ensuite en humine d'insolubulisation (composés humiques à haut poids moléculaire) si il n'ont pas été minéralisés entre temps.


Les divers produits de l'arbre se transforment donc différemment.

La lignine est située dans les tronc et rameaux anciens. Lorsqu'elle se transforme en humine, elle produit un humus dit stable, faite de molécules de masses importantes, peu solubles.
Alors que les matières azotées et les sucres donnent un humus beaucoup plus instable et peuvent être minéralisés rapidement.



Ainsi, comment se fabrique un sol pauvre (oligotrophe): Acides Fulviques en sols très acides:

En sol très acide (on les rencontres rarement) de pH4 à 4,5:  l'acide fulvique précipite le fer et l'aluminium et se lie également à l'argile, mais marquerait une adhésion plus forte aux métaux.
En sol un peu moins acide, de Ph 4 à 5: sa mobilité est moindre, il se lie sur le fer et l'aluminium ainsi que sur les argiles.


Déjà vu plus haut: L'aluminium en sol acide (à partir de 5) joue un effet antagoniste vis à vis du calcium et tend à le remplacer pour la liaison argilo-humique. Or, il est moins stable.
L'acide fulvique est également moins stable que des composés humiques plus évolués. C'est à un pH supérieur à 5, que l'acide fulvique pourra surtout se condenser en matériaux humqiue plus complexe.


Dans certaine conditions d'acidité très marquée du milieu (pH 4-,4,5), de froid et d'humidité sur sol filtrant, l'acide fulvique entraine le fer et une partie des argiles en profondeur: ce qui donne alors des Podzol: la couche humique et minérale,"affaiblie", passe en quelque sorte sous une couche totalement infertile de couleur cendrée.





La chute des feuilles.

La sève en provenance du sol (quand la plante "boit") est appellée sève brute. La circulation de cette sève est influencée par la transpiration du feuillage. Il y a des milliers de petits trous sur chaque feuilles qui leur permettent l'echange de gaz et notamment de carbone atmosphérique, et par lesquels l'eau du sol non conservée par la plante est vaporisée. La circulation ascendante de cette sève fonctionne un peu comme lorsqu'on ouvre un robinet.

Dès le mois d'août selon les essences et le climat, les arbres et arbustes commencent à rapatrier l'amidon des feuilles vers les zones de réserves.


La chute des feuilles est commandée par deux aspects:

-Une exposition à la lumière moins importante due au raccourcissement des jours.
-Le froid

-> La photosynthèse est ralentie par la diminution de l'exposition à la lumière.
-> Le froid provoque une dégradation chlorophylienne.


En été, suite à des périodes très chaudes et assez rarement, on constate parfois des feuilles d'un beau rouge automnal. C'est que suite à la piqure d'un insecte ou à une blessure, de l'air est entré dans les conduits de sève, formant des bulles (une embolie) qui perturbe la circulation de cette sève.

Le froid, le gel (légèrement en dessous de zéro) provoquent également des embolies: ici c'est l'expulsion des gaz dissous dans la sève (lesquels sont peu solubles dans la glace) sous l'effet du gel qui provoquent ces bulles lorsqu'elles ne sont pas de nouveau dissoutes dans la sève à un moment de dégel: elles bloquent alors la circulation normal de la sève.

Vient ensuite le phénomène d'abcission sur beaucoup d'essences qui va permettre la chute des feuilles. Sous influence hormonale et enzymatique, du liège (une partie de l'écorce) vient se former au niveau de l'insertion de la feuille, laquelle n'a plus qu'à tomber ...

Certaines espèces gardent leurs feuilles mortes et séchées attachées aux branches. Ce sont des espèces marcescentes. Il en va ainsi du charme, par exemple. Ce caractère est normalement du à la juvénilité du sujet.
Dans ce cas les feuilles peuvent rester sèches sur l'arbre jusqu'à la belle saison, ou plus probablement tomber à un moment ou à un autre sous l'influence du vent.



Ces feuilles au sol vont se dégrader en humus sous l'influence des bactéries, des champignons, de la faune du sol.
Une feuille encore fraiche, tendre ou molle et une feuille désséchée n'est pas dégradée tout à fait de la même manière.

Notamment, les feuilles épaisses et dures sont plus longues à dégrader: exemple des feuilles de Platanes ou de Laurier Palme.

D'autres feuillages peuvent bloquer la dégradation de la matière organique du fait de contenir beaucoup de bactéricides: Le Laurier noble, l'Eucalyptus.






Situation "topographique" des échanges de carbone au sol.



La profondeur des racines, pour telle ou telle plante, est souvent influencée par différents paramètres du sol:



Ici, il s'agit de l'épaisseur de la litière, et donc de la profondeur où se situe le sol organo-minéral,

où la racine parvient à s'ancrer suffisamment:


racinededioique


-Le carbone rentre mais sort également par la feuillage.

-Le tubercule est une réserve carbonée.

- Lorsqu'une racine est cassée, ce morceau de matière organique carbonée (cellulose) va être dégradée en humus.

-Le carbone (CO2) est rejeté par la respiration cellulaire de la plante. Dans les racines, ce gaz rejoint l'atmosphère à hauteur de 40 à 50% du carbone rejeté  par la racine.

-Une partie du carbone est échangée avec la rhizosphère: ces échanges concerne donc aussi l'eau et les minéraux essentiel à la plante.





L'introduction de carbone au sol par la Bryone dioique (Bryonia cretica subsp dioica) peuvent atteindre une profondeur supérieure à 70 cm.








Selon les plantes, la profondeur d'enracinement est différente.

racinesquelquesplantes
Sur l'image ci-dessus, de gauche à droite:
la Fougère Aigle (Pteridum aquilinum), Le Dactyle pelotoné (Dactylis glomerata),
Le genêt à balai (Cytisus scoparius), l'Origan (Origanum vulgare),
La callune (Calluna vulgaris), en fond gris, le pin maritime (Pinus pinaster)




Les racines d'un pin maritime de 18 ans se situe à une profondeur d'environ 2, 5 m.


La fougère Aigle, si elle est en sol séchant: son rhizhome se situera à une profondeur d'environ 40 à 50 cm.


La callune (les bruyères en général) se dsitingue par un racinaire très dense avec beaucoup d'axes et un chevelu très important: sa profondeur est à peu près équivalente à la hauteur de la plante. Ici, 50 cm.


De nombreuses chaméphytes ne partage pas la particularité des bruyères, l'origan, par exemple présente des racines plutôt grèles: les 20-30 premiers centimètres sont ceux où le maximum d'échange plante-sol existe.



Les poaceae (les graminées) sont très intéressantes pour la vie du sol.
On conseille les semis de blé ou de seigle à cet égard.
Le blé à un racinaire qui peut parfois atteindre une profondeur de 2 mètres.

Ici, le Dactyle pelotoné montre une aimable performance: sa profondeur peut atteindre jusqu'à environ 1,20 mètre mais au delà de 80 cm, les échanges avec le sol sont beaucoup plus réduits; les 30-40 cm de fond présentant la plus grande efficacité.






-> La vie aérobie du sol (celle qui intéresse le plus les plantes) est le plus souvent concentrée dans les 30(-40) premiers centimètres de profondeur.
-> Les parties les plus profondes des racines "récupèrent" en fait de l'eau et des nutriments illuviés (accumulés vers la profondeur du sol)





FONCTION DES RACINES:


- Ancrage de la plante dans le sol.



-Interaction avec le milieu du sol:

- échange de nutriments (voir futur paragraphe suivant)

- Participe à l'altération de la roche et à la minéralisation du sol à partir de cette roche mère:

-de manière mécanique quand les racines s'induisent dans les fentes de la roche et y grossissent en la faisant éclater (racines d'arbres) mais aussi

-de manière chimique en introduisant du carbone atmosphérique (CO2) qui va se dissoudre dans l'eau du sol,
produire de l'acide carbonique, lequel est actif aussi bien sur calcaire que sur silices ...
Impliquant alors la transformation de matériaux gorssiers en matériaux plus ... sédimentaires:

Le sol se fabrique.










X) En plus,

Peter Wohlleben contre Suzanne Simard (Encart)

Peter Wohlleben présente entre autre les travaux de Suzanne Simard … mais d’une assez étrange manière … Pour avoir vu en vidéo la chercheuse, je ne dirai pas qu’elle n’a pas cherché la déformation de ses thèses.

 

Les ouvrages de Wohlleben ont plutôt mauvaise presse dans la communauté botanique. Le compte rendu de lecture de Jacques Tassin est aussi intéressant que virulent …

 

Peter Wohlleben parvient à prêter aux arbres des qualités qui nous concerne, des sentiments ou des émotions … parentales (?!)

 

Je veux juste me permettre de souligner deux points.

Le premier est que je n’ai pas d’a-priori contre l’anthropomorphisme tant qu’il suggère des axes d’observations/recherche.

Le second, c’est l’anthropomorphisme à l’oeuvre dans les ouvrages du forestier allemand qui me met mal à l’aise … Cela semble être un mi chemin entre une pensée symbolique et naturaliste. Ce mi-chemin du côté du naturalisme (rationalisme tel qu’on le connaît dans les sociétés industrielles) propose que les arbres prennent soin de leurs progénitures … et qu’ils communiquent à travers un autre être vivant (dont manifestement l’intérêt se résume au fait d’être un câble) : des champignons.

Le fait de prêter parole et sentiments à des arbres ne me choque pas, par contre ici … Il y a quelque chose de spécial car cela hiérarchise les hommes qui ont des sentiments et la parole, les arbres qui ont aussi à leurs manières des sentiments et de la parole, et les champignons qui ne sont pas grand-chose … On est bien dans une structure naturaliste (l’auteur se présente comme forestier) ou symboliste/analogiste de la pensée … L’arbre est un analogue de l’homme, mais l’inverse n’est pas vrai.Le compromis sprituel est ici difficile. L'humain reste humain. L'arbre reste un arbre. Et les certitudes de supériorité humaine sont à leur acmé.

 

Le second point, c’est aussi le fait que des arbres aient ou non des sentiments ne me semble pas participer à l’intérêt qu’ils présentent pour nous (ou très peu) : c’est plutôt leur extrême étrangeté pour nous qui me semble fascinante.

 

J’ai donc trouvé un texte de Suzanne Simard

(dans Simard Suzanne, 2012, Mycorrhizal Networks and Seedling Establishment in Douglas-fir Forests, in Biocomplexity of Plant–Fungal Interactions, villey blackwell),

lequel confirme (bien sûr) que ses propos dans la vidéo que j’ai pu voir n’ont aucun rapport avec ses recherches. En vidéo, elle raconte une histoire.


 

Voici par exemple sur quoi travaille Suzanne Simard :

Elle s’intéresse aux arbres dans leur rapport avec les champignons.

Elle axe donc ses recherches sur les arbres (elles prend des mesures dans le réseau de mycorhize mais c’est les arbres qui l’intéresse) : elle ne parle donc des champignons que comme éléments pouvant être intéressant ou non pour les arbres.

 

Nous sommes en Colombie britanique, il s’agit de zone de Pyro paysages (paysages où des feux saisonniers ne sont pas anormaux).

Les arbres qu’elle étudie sont pour l’essentiel le Douglas (Pseudotsuga menziensii), et le bouleau à papier (Betula papyrifera), et forment des forêts différentes (par exemple sèches ou humides).

 


Tout d’abord, le réseau de champignons que l’on appelle rhizosphère présente une grande quantité d’eau, de carbone et d’autres produits qu’ils soient des nutriments ou des composés chimiques-signaux pour les arbres auquel ce réseau est « branché ».

Les champignons se branchent aux arbres pour obtenir des nutriments (du carbone), en échange de quoi, ils fournissent également aux arbres, notamment de l’eau, et des nutriments.

L’échange de tous ces produits à travers la rhizosphère, et entre deux arbres, est réputée à somme nulle. On part donc de l’a priori qu’un arbre âgé ne laissera pas plus/ne donnera pas plus (à travers la rhizosphère) à un très très jeune arbre sous forme de semis.


 

Les travaux de Suzanne Simard posent l’hypothèse qu’en situation de stress hydrique, la somme nulle existe mais sur un temps très long … Et qu’en conséquence, les très jeunes semis présentent un plus fort recours à la rhizosphère que les vieux arbres.

Que les vieux arbres entretiennent une rhizosphère riche et complexe présentant un avantage, notamment, vis à vis des jeunes semis.

 Il apparaît en outre qu’en dehors des situations de stress, le recours à la rhizosphère ne présente pas a priori un intérêt majeur pour les arbres.

 


Puisque les vieux arbres ont la capacité d’entretenir une rhizosphère riche et complexe, Suzanne Simard propose un nouvelle méthode aux forestiers de Colombie Britannique (où la forêt est fortement exploitée, et fragilisée, notamment vis à vis des feux qui connaissent une plus grande intensité … alors que les autochtones plus à l’est considèrent que le rallongement de la saison des feux est peut-être en lien avec le changement climatique). Plutôt que la coupe à blanc, elle propose une manière plus jardinatoire : laisser des vieux sujets qui permettront de plus grands avantages à la renaissance de la forêt par des jeunes semis naturels à partir de la rhizosphère.

 

Suzanne Simard note enfin que le changement climatique fait remonter le climat vers le nord, et qu’il pourrait être intéressant de récupérer des semis naturels d’arbres situés dans la partie sud de leurs aires pour les semer plus au nord dans la mesure où ces arbres ont déjà connu des gradients de chaleur plus importants (hypothèse d’une adaptation)

 

Autrement dit pour Suzanne Simard, les arbres ne bavardent pas entre eux, mais par contre la "coopération" inter-espèces (les différents champignons, le douglas et le bouleau) est importante, notamment dans des situations de stress. Cette "coopération" ne domine pas la concurrence, mais se situe à une distance où la concurrence (pour l’eau et les nutriments, ainsi que la lumière notamment en ce qui concerne le bouleau) est nulle : la rhizosphère permet un transfert en eau, et en nutriments de manière latérale dans l’espace (alors que là où les plantes sont bien installées, le transfert en eau et en nutriment est plutôt vertical) .

L’existence de cette rhizosphère permet au fond le maintien du régime hydrique à faible profondeur (ce qui intéresse les semis), et par là le maintien de l’équilibre écologique : la possibilité qu’une zone déboisée puisse se reboiser naturellement.

 

On voit bien, je crois, dans la manière dont je résume ce texte de Suzanne Simard que c’est alors la rhizosphère qui est fascinante et non les rapports entre les arbres. Qu'à partir des recherches menées par Suzanne Simard, plusieurs vues peuvent en sortir ... Et que les ouvrages de Peter Wohlleben ont le mérite de faire partager ses rêves (?), son goût en tous cas pour la forêt.





Le paysage à Saint Georges Nigremont, du XV ème  à 2100 (extraits du rapport)



Partie 1

[ Cette première partie a pour objet d'évaluer les impacts éventuels sur les sols des pratiques anthropiques passées.

AVERTISSEMENT aux historiens, et à l'exception de certains courants de l'anthropologie, aux personnes versées dans les sciences dites "humaines".

Il se trouve en partie I, un aspect historique. Je ne suis pas moi même versé dans l'histoire. Je n'ai pas un goût particulier pour l'histoire en tant que science. C'est par ailleurs le même aspect des délicatesses de réflexions qui peut parfois me rebuter dans la pédologie. L'histoire est ici convoquée plutôt en appui des recensements paléo écologique. Le paléo écologue de référence pour la région est Yannick Miras.

En effet, la question que je pose n'étonnera pas nombreux anthropologues: il ne s'agit pas de savoir ce que l'homme fait à la "nature" ou encore à "sa" "nature" (sorry pour le double guillemetage, mais il faudrait alors réinventer des termes autour de nature naturée, de nature naturante ou que sais je encore pour réduire tout cela à un lexique plus librement compréhensible)

la question posée est simplement ici : que fait la "nature" à ses humains (et non que fait l'humain à la nature ni que fait l'humain à l'humain à travers la nature, etc?) ?


Les citations d'historiens permettent simplement d'espérer déterminer des pratiques passées. Plus bas dans le texte, il sera ainsi affirmé que le pâturage de type extensif rend moins d'azote et de carbone au sol que le pâturage de type intensif (en cas de présence de clôtures): cet aspect est prouvé en phytosociologie: il arrive de manière systématique ... Mais cela à l'exception des pâturages extensif alpins modernes, lesquels sont d'ailleurs reclassés en phytosociologie comme pâturages hyper intensifs (en raison du nombre exceptionnel de têtes pâturantes);

Pour autant, une autre science, l'agronomie continue de demander la preuve de ces effets de pâturages (i.e, les tests en correspondances admissibles dans cette discipline).

Cette demande ne pouvant sans doute qu'être bien reçue, tant effectivement, ce type de remarque permet généralement d'affiner grandement les résultats et les questions.

Ce qu'il faut donc retenir, c'est que le questionnement concerne ce que fait la nature à l'homme, ou éventuellement les réponses de celle ci à celui là.]






La description d'un paysage est d'abord celle de ceux qui l'habitent, le construisent et l'entretiennent.



A Saint Georges Nigremont.



La démographie historique donne le pas de temps.


En 1836, Saint Georges Nigremont atteint 1819 âmes, la commune perd en 5 ans -1,05% de personnes

de 1841 à 1872, la moyenne de migration se situe autour de 2,26%

 cette moyenne excluant la période de migration plus exceptionnelle de 1856-1861:12,6% (et ce qui donne une moyenne de 3,8% en intégrant cette période)


De 1872 à 1886, les migrations accélèrent

-3,1% de 1872 à 1876

-9,5% de 1876 à 1881

-37,5% de 1881 à 1886


L'exode ralentit ensuite mais se poursuit inexorablement.




La région, vallonnée, de basse montagne, montre un bocage et de l'exploitation forestière.

La position de l'arbre dans la société ne permet de déterminer a priori l'existence d'un bocage ancien, en tout cas avant la fin XVIII-XIX ème. Il existe entre autre pas si loin, à Tarnac, deux chênes commémoratifs. Ce qui correspond à la représentation romantique de l'arbre: longévif, empli de sagesse et transmettant la mémoire sociale.

C'est aussi, en France, dès le début du XIX ème que des agronomes vont promouvoir la pratique de l'élevage, non sur des communs, mais en prairies closes.


Alors que plus à l'Est, en Boischaut sud, les haies apparaissent au XVI et XVII siècle, l'apparition du bocage dans la région de la Marche (il s'agit de la région complètement comprise), montre une évolution plus tardive et un peu particulière qui met aussi en valeur la structure sociale à travers un contraste entre deux grandes région que David Glomot a pu découper selon une diagonale nord-est, Sud-ouest.


La partie la plus au sud qui est aussi la plus altitudinale montre une plus grande part de famille à structure communautaire: les frérèches (alliances entre frères partageant le même foyer-avec leur familles)

Les frérèches sont apparues au XV ème siècles, ainsi que la pratique particulière des migrations saisonnières qui marque la région, en réaction à la mise en place d'un nouveau servage vigoureux.


Alors que dans la partie nord, à partir de 1450, les seigneurs laïques confient leurs domaines agricoles à l'expertise de métayers qui introduiront progressivement à partir de cette date, et depuis le Limousin, la pratique du bocage (permettant la protection des prairies de fauches, et un meilleur engraissement des bovins, lesquels servaient également au labourage), la partie Sud ne connaît toujours pas le bocage (sauf en fonds de vallée) au début du XIX ème. Sur le temps historique, à partir du XV ème, le schéma est le suivant : les parties les plus hautes au dessus de 600 m voient la pratique du servage quand dans les parties basses un métayage se crée sous la direction d'individus ou de frérèches affranchies. Pour forcer le trait de la présentation de l'historien: cela forme deux sous-régions aux économies agricoles distinctes, lesquelles se sont longtemps maintenues dans cette différence.


Jusqu'au XIX ème le paysage est donc ouvert, couvert de Landes (ou probablement une large part d'herbages depuis le XIXème, puis au XX éme des herbages plus agronomiques) et se caractérise par la pratique des communs, par l'élevage de moutons, par notamment la culture du seigle et par une exploitation plus vivrière : une vache ou très peu de bovins par famille ainsi qu'un lopin pour le chanvre textile, les légumes ...


Saint- Georges Nigremont est donc dans la zone septentrionale de la zone où se trouvait la particularité des structures familiales communautaires. Toutes les familles ne sont pas forcément concernées et il se trouve des familles nucléaires. Il semble qu'en 1848, des paysans en Creuse se seraient plaint de l'absence de route et de la pauvreté des sols, ce qui ne représente pas forcément une nouveauté. 1848 étant également la date à partir de laquelle les paysans creusois se font aussi maçons (impliquant là encore des migrations saisonnières) et à partir de laquelle commence émerger la question ouvrière (alors que les premières grandes révoltes durant la période de la révolution industrielle date de 1831). Le chômage est aussi important à Felletin comme à Aubusson où la concurrence des métiers à tisser mécaniques se fait sentir.

Le délitement possible des communautés de frères par l’exode, la pression économique et l’apparition de nouvelles question sont-ils des événements ayant pu avoir un impact sur cette caractéristique du centre de la France : les communautés taisibles ?

Je pose arbitrairement 1848-1872 comme période de délitement possible de certaines valeurs en lien avec la vie communautaire : il s’agit d’une part de poser des pas de temps afin d’essayer d’observer et d’évaluer des pratiques ou des pratiques agricoles probables, et d’autre part ici, de considérer l’hypothèse d’une forte raréfaction des frérèches*, et des valeurs induites par ce type de vie en ce qu’elles sont effectivement vécues ;

reste bien sûr les valeurs morales et les idéaux.


* Cette information peut être mise à jour par des historiens mais je ne l'ai pas trouvée. L'instauration du code civil (1804) n'a pas une incidence obligatoirement immédiate. De plus, ces communautés étaient franches ... et sont alors susceptibles d'échapper à une claire visibilité juridique.

Les toutes dernières communautés taisibles disparaissent à la fin de la première guerre mondiale, mais le phénomène pouvait être plus ou moins relictuel.




La propriété qui nous intéresse semble se détacher de cette description de la haute marche. Une belle maison du XVIII avec pleins d'emplacements pour les vaches.


Jusqu'à un certain point l'élevage extensif tolère mieux l'oligotrophie des sols, et la remarque des soldats lors de leurs passages pour établir les cartes d'état major, sur la pauvreté des sols, le manque d'amendements pourrait montrer quelque chose, bien que jusqu'à 70% des sols auraient été en jachères.Il faut pourtant voir que Yannick Miras a pu déceler la pratique d'amendements, et particulièrement de chaulage en certaines places du plateau de Millevaches.

Le sol en haute marche reste plutôt un peu plus pauvre de n'avoir jamais présenté les mêmes enjeux qu'en basse marche, en Limousin ou plus encore dans le Berry.

Cela ne semble pas rédhibitoire bien sûr mais il faut encore voir l'effet du mouvement climatique sur des sols pouvant par place être plus pauvre en humus et apparaître parfois insuffisamment structurés et répondre avec une certaine défiance à l'histoire qui les a construits (l'indifférence éventuellement un peu plus grande aux amendements) face à un événement qui apparaît.




La Question du bocage.


L’historique des photos montre de manière générale, une légère tendance à l’enfrichement depuis les années 1950.

Que quelques boisements sont apparus

Que des haies ont disparues.

Que certaines haies ont très fortement épaissies

Que certaines autres haies, montrant déjà un fort espacement entre les arbres montrent un espacement encore plus fort jusqu’à ne plus être pratiquement que de bouchures.

Que certaines haies ne sont plus que de bouchures.


Si l’on se réfère à la création et l’entretien du bocage, tel que pratiqués en Bretagne (haie, talus, fossé), il apparaît périodiquement de lourds travaux nécessitant une forte main d’œuvre.

Actuellement, les haies sont bordées de murets, et forment un paysage de terrasses avec un différentiel de niveau très peu élevé. Les limons du côté le plus haut de ces haies ont pu glisser avec le temps et fermer le talus sur ces bords (?)


Si la notion de bocage est associé à des régions/ sociétés ou l’individu est bien conçu (comme ayant aussi des intérêts distincts de sa communauté), les lourds travaux impliqués par l’entretien du bocage nécessite une organisation pour laquelle les valeurs de la vie communautaire (le resserrement familial, le partage du foyer) pourraient apporter une certaine praticité.


De plus le paysage de Saint Georges Nigremont au moins jusque dans la période 1950-1965 montre une certaine qualité d’entretien qui contraste avec la chute démographique ; la pratique des migrations saisonnières y compris à la belle saison (du printemps jusqu’à l’hiver) nécessite une capacité d’organisation pour réaliser les travaux agricoles (notamment le seigle).


Je pose arbitrairement donc le bocage à partir de 1810 (date présumée)

je pose arbitrairement l’existence de frérèches du XV (date certaine) à 1848-1872 (période indicative supposée ici)


Ce qui laisse penser à un pas de temps très court entre la rencontre de frérèches existantes et l’avènement du bocage.





-Entretenir les haies plus vite? la tronçonneuse?


Fin XIX ème, la part forestière peut être considérée comme maigre quant c’est au début du XX ème qu’apparaissent les exploitations forestières sur les anciennes Landes. Il n’y a pas de remarque d’existence de forêt de fonds de vallée dans la région. Le fonds de vallée est exploité a priori (pacage). Ces exploitations impriment l’idée de la présence d’un outillage performant, et de la capacité à l’utiliser. Ainsi que d’une culture de cet outillage.


Dès 1926, les premières tronçonneuses allemandes permettent l’abattage des arbres.

A la fin des années 50, il est possible de les utiliser (plus facilement) autrement qu’horizontalement.

C’est seulement dans le courant des années 1970 que toutes les sécurités permettront plus généralement, démocratiquement, la possibilité d’utiliser des tronçonneuses pour procéder plus rapidement à l’entretien des arbres des haies bocagères.


La période allant de 1810 (et notamment au début) jusqu'à l'utilisation des tronçonneuses, lesquelles ont pu suppléer au manque de main d’œuvre éventuel dans le contexte de chute démographique, pourrait être intéressante à découvrir: les modalités d'instauration et d'entretien du bocages dans ses premières périodes, lequel semble avoir été installé sur murets et non sur des talus au sens où on l'entend le plus souvent (actuellement aucun fossés ne semble accompagner les haies).



Pendant un peu plus d'un siècle, le bocage s'instaure et s'entretient sans les moyens mécaniques propre au XX. Il y a cependant de net progrès technique durant le XIX. Mais la chute démographique est nette et importante.

A partir de l'idée des frérèches rurales on peut apercevoir plusieurs modalités dans la structure de la société. L'évolution technique semble d'ailleurs avoir pu avoir une incidence négative sur ces communautés taisibles..


Il y avait:

Le lot des travailleurs saisonniers, vraiment très important mais susceptible de migrations pour le travail en n'importe quelle saison, mais plus précisément à la belle saison.

En face, les baux (fermages...) qui peuvent concerner des frérèches.

En face, les propriétaires.

Il était possible de devenir propriétaire ou de devenir riche propriétaire grâce au talents de charonnier, puis plus tard surtout de forgeron.



Les propriétaires peuvent être en famille nucléaires ou en frérèches.

L'association de fait familial, ces frérèches, semble parfois avoir longtemps portés avantages.

Pour une remarque générale, il m'est difficile de lire sereinement des propos qui enjoignent au travail de type communautaire pour un meilleur respect du sol et de la nature ou qui au contraire imagine (et cela prend notamment un côté étrange ou cocasse quand il s'agit des pays bocagers, réputés pour avoir admis précocement l'intérêt personnel en face de l'intérêt commun) que ce phénomène communautaire se confronte à l'idée de progrès (de "génie individuel" pourrait-on rétorquer ironiqument) ... cela semble compliqué.

Il me semble que sur des travaux très lourds, avec ces moyens du XIX relativement faibles, si ils ne sont pas compensés par une main d'oeuvre suffisante: une organisation prompte rapide et disponible n'est pas complètement inintéressante.

En effet, elle peut notamment suppléer très partiellement à la recherche d'ouvriers, par exemple ... Et engendrer alors des coûts moindres. Coûts moindres encore et organisation en tous cas plus souple, sans doute, dans la question du "cattering" (cette question est en Bretagne Est et en Manche est l'un des points marquant de la Révolution verte qui est alors vue comme une révolution pour les femmes).



Malheureusement, ici, il faudrait pouvoir être sur place d'une part, et savoir mettre à profit l'utilisation d'archives pour espérer observer cet aspect humain. Je ne crois pas savoir faire çà.

L'autre point nettement bloquant: il n'y a pas, ou en tout cas je n'ai pas trouvé d'études de photographies aérienne destinées pour l'étude des archéosols de cette région, ni même aucune photo révélatrice. Du reste, ces photos sont très délicates à interprêter, et je ne pense pas que j'y serai parvenu (quant bien même, les sols limoneux, le limon n'ayant pas de "mémoire de forme": les interventions qui y ont succédés restent probablement très longtemps visibles, mis à part peut-être la propension à l'érosion qui y est relativement marquée)



Il est donc difficile de savoir

a) Si il y avait des fossés (drain longeant les haies).

b) Si des talus étaient montés sur murets-il s'agit d'un des grands types de talus bocager (on voit aujourd'hui les murets: comment ont-ils évolués?). Ou encore si simplement la plantation ou plus probablement le semis avait lieu au bord d'un muret ou encore entre 2 murets (un quasi-talus dans ce dernier cas)

c) La question qui intéresse encore: l'élagage destiné à réduire l'ombrage sur la partie cultivée. Son organisation, peut être tous les 9 ans (généralement basé sur les baux), ce qui est le point qui implique un travail périodique mais particulièrement lourd ... Cependant le linéaire total des haies n'a pas forcément à être fait tous les 9 ans: il y a eu des exemples où des accords permettent une rotation (partie de linéaire par partie de linéaire) au bénéficiaire du bail.

De 1810 à 1820 ou 1825, le travail pourra sembler être celui de l'instauration des premières haies. Mais dès lors que les arbres commencent à prendre du volume  (à partir de 1830 puis tous les 9 ans par exemple), il peut être intéressant de les élaguer.

Et dans ce contexte ... y a t'il eu un stress de main d'oeuvres (on peut imaginer mars comme le mois idéal pour ces travaux, donc juste au début ou juste avant les migrations saisonnières) ... Et dans un tel cas, comment les gens s'organisaient-ils?

Il y a quelque chose de mystérieux.

J'avoue que j'aimerai en tirer la réponse ;-)




-> L’hypothèse sur l’entretien du bocage à partir du moment où la forêt est exploitée est la suivante (début XX) :

L’élagage existe peut-être mais une autre solution peut tout simplement consister à abattre les arbres menaçant de devenir trop volumineux.



L'évolution des haies confirme l'insertion de ce paysage dans la réalité régionale, une déprise agricole due à une chute démographique extraordinaire.





Des Landes.


Historiquement le pays est marqué par des prairies de pacages et de fauches ainsi que de landes plutôt situées sur les sommets.

La structure paysagère dans la région est la suivante :

Le pacage se trouve en fond de cuvette. Viennent en remontant, les prés de fauches, les cultures sur le replat puis les parcelles d’incultes (landes et/ou boisement)


Il faut remarquer que l'ouverture du milieu (défrichage) des X et XII siècle donne lieu à des Landes (voir Miras  2004, et Miras dans Grandcoing 2010). Ce qui tend à suggérer l'utilisation possible du feu (ou d’un autre type de défrichage sévère impliquant le raclage du sol, et maintenu par les pratiques courantes d’abroutissements).


Yannick Miras insiste sur les lacunes concernant l’histoire du paysage. Les landes semblent avoir essentiellement été entretenues par abroutissement, fauches, piochage (voir JP Delhomme, dynamique du paysage ... dans Grandcoing Ph 2010).

Sur un pas de temps plus long, la question des feux agricoles et de leurs rythmes se pose mais ne trouve effectivement pas de réponse suffisante (plus au Sud, sur les Monts D'Aubrac, Elodie Faure a montrée une pratique récurrente du défrichage par le feu à des périodes lointaines ; Le massif central oriental est également visé par de telles pratiques : voir Miras, Surmely et al, 2006).


Les anciennes Landes se remarquent aujourd’hui au fait qu’elles soient afforestées, le plus souvent en résineux d’exploitations.







La Forêt


Yannick Miras en montre la maigreur historique dans la région.

Cependant, le bois était nécessaire pour se prémunir des fraîcheurs de l'hiver mais aussi éventuellement en direction des petites industries qui émaillaient la région.



De fait la carte de Cassini (XVIII) confirme la thèse de Yannick Miras: très peu de boisement.

Le mont noir lui était déjà boisé.

La parcelle de boisement qui nous intéresse est peu ou prou au pied du Mont mais n'était alors pas boisée.



A ce niveau topographique, au moins vers l'où on rentre, la pente n'est pas extrêmement marquée.


Les photos 1950-1965 suggèrent pour les quelques parcelles se situant à ce niveau: soit une exploitation en bois, soit des parcelles boisées jouxtant des parcelles non boisées.


Quoi qu'il en soit, pour ce qui intéresse ici, la structure actuelle du boisement ne suggère pas une plantation en vue d'exploitation.

Il s'agit d'un boisement de feuillus, le Douglas étant arrivé relativement tôt dans la région. Si il est difficile d’en juger rapidement, les fûts ne m’ont pas semblé correspondre à une plantation organisée.


Il est possible que ce soit:

-soit un ancienne zone cultivable (culture quelconque, y compris herbages) à laquelle ait pu ou non succéder une parcelle d'exploitation du bois et que cette dernière ait été laissée à sa propre évolution (?) ( ce qui impliquerait la suppression tout de même de quelques arbres en ce sens où je n'ai pas "pressenti" de lignes d'arbres ??????)


-Soit une parcelle cultivable laissée à sa propre évolution vers son "climax"


-Soit une zone d'inculte (plutôt landicole) laissée à sa propre évolution vers son "climax"


Ni une éventuelle Lande ni une zone d'herbages plus ou moins naturelle, si tel était le cas, ne semble avoir été bloquée dans son évolution climacique, cela étant dit dans le champs d'un pas de temps beaucoup trop long pour pouvoir vraiment en juger (depuis 1950-1965)

L'évolution de cette parcelle confirme l'insertion de ce paysage dans la réalité régionale, une déprise agricole due à une chute démographique extraordinaire.



→ De fait la parcelle de forêt qui nous intéresse est actuellement en gestion naturelle et comporte (a priori) une lourde couche d’humus. Ce qui indique une résilience .






La propriété


Bien qu'il n'y ait plus aucune bêtes depuis de nombreuses années, la végétation tout autour de l'étable et en contrebas indique un sol bien riche tant en carbone qu'en azote.






La prairie


La prairie qui nous intéresse: sur les photos aérienne de 1950-1965, elle ne présente pas tout à fait la même structure. Actuellement un boisement en haut de parcelle semble pouvoir avoir été destiné à l'abri des bêtes contre l’ensoleillement. Or ces photos indiquent qu'il y avait là un paysage ouvert, exploité, et cela de plusieurs manières sur l'ensemble de la parcelle (foin tout en haut ??? cela fait si peu ? Et pacage sur la pente ? A moins que la fauche ait été faite ???? et que cette pente correspondent à un près de fauche).


Quelques éléments sur la géologie et l'hydrologie.

Cette parcelle dans sa majeure partie pourrait être, ainsi que sur le plateau, une arène granitique tertiaire : l’évacuation hydrologique des limons s’est faite en plusieurs temps en laissant sur le replat cette masse de sable.Ces arènes résultent de types de granites. L'un étant plus altérable. Le paysage bien que d'altitude plus modeste reste très mamelonné à Saint Georges Nigremont.

Les deux types granitiques que l'on y rencontre sont des granites à biotites et des granodiorites alors qu'en amont où se trouvent ces "cuvettes" sableuses, on trouve pour leurs parois des leucogranites moins altérables. Il en ressort que cette masse sableuse sur la parcelle pourraient tout autant provenir d'une ancienne altération des granites sous-jacents.

Quoiqu'il en soit le sol a une tendance acide et comporte une belle part de sables ( moyennement à peu structuré).

La roche mère est fissurée.

La nappe phréatique est libre.

Une autre question assez éloignée pourrait être de se demander si un impact anthropique n'a pas eu une incidence sur un manque actuel de matière organique (par la déprise agricole sur un sol déjà xérique en rapport à des grands froides et de lourdes pluies). La parcelle jouxtante où se prolonge la langue un peu sableuse montre ce caractère agricole non exubérant propre à ce type de sol. Rien donc ne choque. Et cette hypothèse ne s'impose pas a priori;


L'étude de la végétation et du sol permettra de se faire une idée plus précise du substrat de cette parcelle.






Le boisement et surtout son ourlet de ronciers sont issus d’une déprise agricole.

La déprise agricole est nette sur la partie inférieure, et semble plus récente ou s’effectuer plus lentement (?)



Plusieurs questions vont se poser sur cette prairie.

-Son éventuelle oligotrophie (si il s’agit essentiellement d’un prés de fauche par exemple ou la présence de l’élevage ne tends pas à compenser la matière organique qui est retirée, et où la matière est plutôt souvent retirée)

-En lien avec la sécheresse.

- En lien avec cette idée que sur sol déjà fortement sensibles aux sécheresse (car très drainant, en raison des parts sableuses), son rapport à un climat évoluant vers une situation qui lui soit moins favorable, et la destination ou l’entretien que l’on souhaite pour la parcelle :

Garder une naturalité ? Ou au contraire enrichir plus « classiquement » le sol ?






Donc donc: que fait ici la "nature" à ses humains?


Malgré les lacunes historiques restantes,

Rien ne permet de penser actuellement que des pratiques de feux agricoles trop resserrés dans le temps auraient "fragilisé" le paysage.

Des pratiques du feu notamment au Néolithique et dans la période  du X au XII semblent pouvoir avoir eues lieues de manière peut-être plus intensive. Par ailleurs, des témoignages existent de défrichements des Landes sans citer le feu, cela avant l’encadrement juridique de ces pratiques (code forestier de la période de la révolution industrielle)

Jusqu’alors, La parcelle forestière montre assez la capacité de résilience probable du paysage à ces pratiques passées.

Sur la parcelle de prairie très drainante, pourrait montrer une résilience moins marquée (?)

Il faut remarquer par rapports aux feux que c'est une récurrence inférieure à 10-15 ans, surtout en conjonction avec des sécheresses, qui a un impact négatif sur le sol: notamment en ce qui concerne l'Azote;

Il n'y a à priori aucune raison de penser que des pratiques de brûlis (très) anciennes puisse impacter le sol si, par exemple suite à une érosion importante, cette ancienne couche redevenait superficielle ou plus rapprochée. Les effets de résiliences semblent marquées suites aux feux.

Seules les régions soumises à d'importantes sécheresses (Malte par exemple) ont des sols qui semblent ne pas trouver la possibilité d'un résilience.


La pratique de l'agriculture intensive est très récente (XIX avec l'instauration du bocage): celle ci tend à augmenter le taux d'azote dans les sols. Elle tend également à maintenir un bon taux de carbone au sol. Ces aspects tendent à se distinguer des effets des pratiques d'élevage extensif sur le sol (où les taux de carbone et d’azote sont moins forts)


Il pourrait finalement apparaître que l’influence anthropique est nulle à modérée concernant des effets négatifs à long terme sur le paysage.

L’héritage géologique ne se présente par contre pas comme très avantageux.



Note ethnobotanique:

Le chêne représenté est évidemment le promeneur Quercus robur.
Celui ci se tient bien en toutes situations d'ombre et de lumière.

La présence de sorbiers conjointement aux chênes auraient pu suggérer un paysage presque immémorial  ... L'absence de Hêtre ou sa rareté peut désigner plusieurs choses. Mais celui ci pourrait être présent dans la parcelle de forêt laissée en gestion naturelle et que je n'ai pu vraiment fouiller.

Note pour moi-même: le sorbier des oiseleurs semble tout particulièrement bien s'accomoder
des murets (et/ou décombres de bâtis), l'observation de Lieutaghi semblant isolée, dans Arbres
arbustes arbrisseaux, pourrait se révèler tout à fait juste. Cette essence supportant très bien ce
genre de situation.
 

En premier lieu, le hêtre a une très nette préférence pour les sols basiques.

En second lieu et cependant, Elodie Faure s'est interrogée sur la remontée de pollen de cette essence à plusieurs reprises à partir du néolithique dans le sud sud ouest du massif central, imaginant alors un peu à tort que cette essence aurait alors pu être favorisée par Sapiens sapiens. C'est au contraire plus probablement que le chêne ainsi qu'en Armorique était préféré tant pour la construction que pour le charbon ... voir Marguerie Dominique, 1991

La longue période de landes et de prairies marquant un paysage pauvres en bois et forêts vient contredire cette première et fausse impression d'un paysage très ancien.
Il marque probablement d'une certaine manière au contraire l'effet de la chute démographique dans la région: les espaces rudéraux en arrivent facilement à former des bosquets et petits boisements.

L'absence de chataîgner (marqueur de sols acides) et sa présence un peu plus haut sur le plateau, la présence du noisetier (préférant des sols basiques) indique dans le contexte d'un pays resté très longtemps arrasé une nette préférence pour le second fruitier. La noisete est un ingrédients pâtissier d'un gâteau creusois, dont la recette est réputée dater du XV ème siècle. il est plus que probable que des plantations de noisetiers aient beaucoup eue lieues depuis la toute fin des années 1960 avec la popularisation grandissante de cette pâtisserie.


PARTIE II. Analyse Phytosociologique et estimation du sol.

IIa) Le relevé phytosociologique

Le relevé Phytosociologique n'est pas achevé en raison d'un relevé d'espèces à contre saison. Il ne permet pas de conclure correctement.


-> Le relevé phytosociologique et les données historiques trouvent des correspondances.


Le relevé phytosociologique indique des ourlets de déprise agricole issus de prairie;

La forte présence d' une graminée indiquant l'eutrophie peut faire pencher l'effet suggestif aussi bien vers une ancienne prairie de pacage qu'une ancienne prairie de fauches fertilisée;

Il reste aussi pour le passage en fin d'été 2019, l'impression toutefois vague d'une évolution possible (?) vers une pelouse thermophile????²

Quand à la structure (mais vue en toute fin du mois d'août, et donc débarrassée des annuelles qui s'y trouve peut-être à d'autres périodes-?-): cette structure est marquée par des herbes moyennement hautes à hautes et des vivaces basses ... ce qui peut faire penser à une prairie de fauches. Des périodes de sols eutrophes sont nets sur une structure plutôt mésotrophe.

Il était du reste d'usage d'alterner fauches et pacages dans la région; cela peut avoir été le cas ici. Un relevé au printemps et en début d'été serait nécessaire.


-> Le sol est acidicline, plutôt sec au moins l'été, mais clairement mésotrophe (à très légèrement eutrophe); le pH pourrait se situer entre 5,5 éventuellement 6.



IIa) Analyse estimation du sol (analyse de terrain)


La texture est partout limoneux sableuse (de 30 à 40 pour cent de sable), sauf dans le bois où la texture présente 80% de sable(sable limoneux, un seul prélvement dans le bois); le pH est de 5,5.





PARTIE III: Gestion de la parcelle prairiale.


La biodiversité participe à la protection du milieu.

Notamment, dans le contexte d'un changement global, certaines espèces migrent en absence de leurs régulateurs ou dans des espaces où la gestion ne permet pas leurs accueils de manière indifférente.

-> il faut notamment, si cela est possible, prendre garde à préserver l'habitat des fourmis rousses, grandes "guerrières" et nettoyeuses auxiliaires de qualité.


Le choix de l'entretien: ce n'est pas tant la fauche ou le pâturage qui impacte la biodiversité que les conditions dans lesquelles l'une ou l'autre des pratiques s'effectuent.

-> Une fauche non regardante avec gyrobroyage peut impacter la biodiversité.

-> La fauche tardive permet aux plantes de fructifier et le semis de leurs graines. Si elle a lieue, les chaumes peuvent être laissés en couverture du sol. La fauche, si elle a lieue doit être préférée tardive.

La fauche des fougères ne doit pas être laissée en place. La matière doit être brûlée. Les cendres, riches en potassium, peuvent servir d'amendement, par exemple, en place, là où la fougère a été fauchée, où le potassium aidera à limiter l'acidification du sol produit par cette fougère.



-> Le pâturage a comme effet négatif sur la biodiversité son aspect fertilisant, ainsi que le piétinement mais aussi l'impact de la défoliation sur certaines espèces montrant ainsi la différence entre un pré de fauche et une prairie pâturée.

Pour éviter une fertilisation impactante, idéalement, il faut un chargement en bétail plutôt faible (plutôt pas au delà d'1UGB par hectare soit: une vache ou 7 moutons par hectare)

Effet de l'abroutissement: pour améliorer le maintien des plantes de fauches, alléger la pâture à la belle saison est parfois (curieusement) proposé: cela ne correspond pas aux besoins régionaux.

La solution traditionnelle d'alternance de fauches et de pâtures correspond à un maintien de certaines des espèces des prairies fauchées.



Sur sol séchant, dans le contexte actuel:

-> ne rien faire de particulier, maintenir simplement le paysage?

Il faut alors en premier lieu désherber les semis de ligneux (chênes). Il faut envisager à terme un accompagnement des communautés végétales en important des espèces mieux adaptées à l'évolution du sol sous l'effet des nouvelles chaleurs (voir partie IV).

-> Solution médiane: l'enrichissement du sol en carbone:

- Ces gradients de chaleurs à venir, notamment sur ce type de sol proposent la recherche d'une rétention de l'humidité: fauche tardive et maintien de l'humidité par paillage avec les chaumes de cette fauche.



-Le charbon en poudre, les cendres peuvent également participer à un maintien de l'humidité mais aussi à une augmentation du taux de carbone au sol (stimulant globalement les cycles bio-géochimiques). Enrichissement humique (la solution du charbon en poudre qui m'intéresse ne peut être choisie qu'après confirmation d'analyse du sol en labo. Par ailleurs bien que le sol comporte des limons, les 10 à 15 premiers centimètres sont bien aérés par le racinaire des hémicryptophytes et chaméphytes).

Cette solution nécessite néanmoins grandement la garantie d’une hygrométrie suffisante notamment l’été.

Elle ne peut à elle seule, donc, constituer une solution.



- Le basalte est un amendement pour les sols sableux, il peut présenter des effets similaire à ce charbon de bois; en revanche il remonte le pH. Si il y a de la marge concernant le pH selon un type de décision à prendre, voir toutefois plus bas


- Les algues (voir si bassins de phyto-épuration) auraient un effet intéressant comme amendement sur des sols sableux (?) mais il semble que cela pourrait nécessiter de l'argile. Or les amendements argileux (Bentonites) comme la montmorillonite sont souvent très calciques: offrant donc un pont d'adhésion électromagnétiques aux nutriments.

Si il y a de la marge, il pourrait alors toutefois selon quantité d’amendement produire un choix ? Les ponts calciques étant efficaces pour la rétention des nutriments. À pH 5,5, il y a de la marge.

→ la spécificité de la flore (actuellement, aucune espèce rare) pourrait s'en trouvée homogénéisée vers une flore de sol plus nettement eutrophe (biodiversité un peu moins riche). Concernant cette problématique, voir un peu plus bas ...




Les Choix a priori:

On part sur une flore a priori un peu limitée dans sa diversité, qu'il apparaît par ailleurs possible d'augmenter (de "laisser" augmenter).

Mais par ailleurs, diverses solutions permettant d'offrir une meilleure protection du sol à l'effet de l'évaporation sous les fortes chaleurs à venir ont un contre effet du au fait d’être fertilisant; une fertilisation trop forte pouvant impacter cette diversité (il y a de la marge mais pas tant que cela puisqu’il y a des traces de périodes eutrophes dans l’histoire de la parcelle tel que l’indique le relevé floristique).


Quoiqu'il en soit, il serait intéressant de commencer très vite l'apport de carbone au sol, ou d'envisager l'accompagnement des changements de communautés végétales sous l'effet de l’évolution du climat.

Il reste possible d'envisager le pâturage, mais il est alors préférable dans un contexte de naturalité d'alterner celui ci avec des années de fauches où celles ci seront effectuées à l'automne.


L'acidité du sol peut avoir tendance à le tirer naturellement vers une oligotrophie (facteur de fragilité, notamment en vue de cultures agronomiques/ 1 facteur d'intérêt floristique dans le contexte d'un choix de naturalité): actuellement il reste à tendance mésotrophe, fut sans doute eutrophe par périodes...


Si par contre, le choix porte sur une prairie de type agronomique,

toutes les possibilités sont alors ouvertes.


Il faut cependant remarquer que:


a) Le pH actuel du sol montre la limite entre un raisonnement de gestion paysagère au sens écologique, et un raisonnement de gestion agronomique: en effet le pH d'un sol en deçà de 5,5 est agronomiquement considéré comme très acides. La raison en est que la plupart des plantes communément cultivées en agriculture de production sont sensible à la toxicité aluminique.

Ce phénomène de toxicité aluminique survient lorsque Al3+ (et ses petits camarades) vient remplacer sur le sol les nutriments lessivés par les pluies et qu'il est absorbé par les plantes. Le limon sableux fait partie, tout comme le sable, des sols sensibles aux lessivages (lixiviation).


b) la fougère a la capacité de modifier un milieu en l'acidifiant. Dans le cas d'un choix de pâturage plus agronomique: il faudra choisir des herbes tolérantes ou faire remonter le pH sur la zone qu'elle a actuellement conquise.



Une partie de la prairie (notée alpha sur le plan présent dans le rapport complet montre en 2018 comme en 2019 un sol nu fin août début septembre. Cette partie doit faire l'objet d'observation à d'autres saisons, et d'une analyse à part.
Il en ressort la probabilité d'un aménagement particulier ... et en tous cas l'idée de planter comme solution supplémentaire à celles décrites ci dessus.
En effet, l'apport de carbone au sol par les racines est supérieur à tous autres apports (litières de feuilles, air).de 1,5 à 2,2 tonnes par hectares d'herbacées monocotylédones type Poaceae, dont (selon une estimation jugée difficile; à savoir l'hypothèse d'une contribution égale de la rhizosphère et de celle des micro-organismes) entre 400 et 600 kg de carbone par hectare sont versés au sol directement par les racines des herbacées monocotylédones. Le carbone stimule les cycles bio géo chimique et permet le maintien et/ou l'accroissement de la vie pédologique.



PARTIE IV

(LA PARTIE PROSPECTIVE RESTE TOUJOURS EN COURS. DESOLE: utilisation des"relevés" prospectifs sur Limoges et Clermont pour chaleurs et pluies.)


Biblio


Les numéros 41 et 135-154 de la revue Penn Ar Bed



Le site de la mairie de St Georges Nigremont


Le site Marchoucreuse23.canlblog.com


https://www.stihl.fr/static/geschichte/70er.htm


cassini.ehess.fr


géoportail


BDLISA

BRGM


Antoine Annie, Marguerie Dominique et al, Bocages et sociétés, Espaces et territoires, PUR, 2007


Baldesent J, Derrien D et al, Contribution de la rhizodéposition aux matières organiques du sol, quelques implications pour la modélisation de la dynamique du carbone, Etudes et gestion des sols, Vol 18, 3, 2011, pp 210-216


Faure Elodie, Haute terre, L’anthropisation des monts d’Aubrac et du Levezou durant l’holocène : approche palynologique des dynamiques socio-environnementales en moyenne montagne ; thèse de Géographie à Toulouse II, 2012


Foussadier Remy, Les sabots de mon grand-père, éditions C’est à dire, 1995


Gillon Dominique, les effets des feux sur la richesse en 2lements minéraux et sur l'activité biologique du sol, Revue frorestière franaise, XLII- numéro spécial, 1990


Glomot, D. (2011). Bocage et métairies en Haute-Marche au XVe siècle: Aux origines du système d'élevage en prés clos. Histoire & Sociétés Rurales, vol. 36(2), 41-74. https://www.cairn.info/revue-histoire-et-societes-rurales-2011-2-page-41.htm.



Grandcoing Phillipe et al, Paysage et environnement en Limousin, de l’Antiquité à nos jours, Pullim, 2010


Guénon René, Vulnérabilité des sols méditeranéens aux incendies récurrents et resaauration de leurs qualités chimiques et microbiologiques par des apports de composts, thèse en sciences de l'environnement, 2010 à Marseille. 

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